Il était une playlist… Spéciale Halloween

À l’occasion de la fête d’Halloween, je vous ai préparé une petite sélection de 10 titres incontournables pour passer la “nuit des morts” entre farces, bonbons et musique.

 

Tubular Bells – Mike Olfield

Entrons tout de suite dans le vif du sujet avec le thème musical principal d’un des – sinon LE – plus grand film d’horreur de tous les temps !

Mike Olfield a tout juste 17 ans lorsqu’il se met à composer cette musique aux nombreuses particularités :

Tubular Bells est le nom donné au premier album du compositeur et musicien Britannique. Album qui ne contient que 2 chansons : Tubular Bells, Part One d’une durée de 25min 30. Et Tubular Bells Part Two de 23min 20.

Mike Olfield joue seul la quasi totalité des diverses instruments que l’on entend : Piano, plusieurs types de cloches et carillons tubulaires (d’où le titre de la chanson), orgue, basse, guitare électrique… Et même de la mandoline !

II n’y a pas de batterie, ni de paroles chantées. Seulement un choeur interprété par sa soeur, Sally, dont la voix gutturale accompagnant la guitare saturée s’apparente au Death Metal que l’on connaît aujourd’hui.

L’album sort en 1973 et est, pour la petite histoire, le tout premier album édité par un tout nouveau label : Virgin Records. Et son énorme succès va contribuer à l’essor de la marque.

Mais c’est surtout à ses 4 premières minutes que l’on reconnaît la chanson. Et cette étrange ritournelle joué par un piano, un orgue et un glockenspiel dont le réalisateur William Friedkin va tout de suite tomber amoureux : “Cet air est paradoxal. Il sonne comme une mélodie enfantine et pourtant il est inquiétant…”

Idoine pour son nouveau film qui sort en décembre cette année là et qui raconte l’histoire d’une jeune fille possédée par le démon.

La suite, vous la connaissez…

 

 

Ghosts – Michael Jackson

Voilà un chanteur qui aimait bien faire peur aux enfants !

Euh… Attendez, je reformule…:

Après avoir effrayé le monde entier avec sa chanson – accompagnée d’un court-métrage – Thriller en 1983.

Jackson récidive dans l’horrifique en 1996 avec le projet Ghosts.

“Projet” car il s’agit encore de mêler musique et cinéma; cette fois, avec un moyen métrage d’une quarantaine de minutes regroupant trois de ces chansons : 2 Bad, Is It Scary ? et Ghosts.

Le scénario original est écrit par le maître romancier de l’horreur Stephen King, excusez du peu ! Et raconte l’histoire de “Maestro”, un homme excentrique, vivant reclus dans un manoir, et qui est accusé de sorcellerie par le maire qui vient l’obliger à quitter la ville…

Halloween reste une excellente occasion de (re) découvrir toute la créativité du King of Pop à travers cette histoire qui n’est pas sans rappeler Edward aux mains d’argent, le mythe de Frankenstein et bien d’autres références au cinéma de genre que je vous laisse loisir de retrouver…

 

 

Psycho Killer – Talking Heads

 

En 1977, New-York n’était pas vraiment ce qu’on pourrait appeler : une ville où il fait bon vivre.

Et ce n’est pas une police alors en protestation contre des coupes budgétaires et distribuant des tracts “Bienvenue dans la cité de la peur” qui vous dira le contraire.

Ni Martin Scorsese qui venait de sortir son Taxi Driver..

Tout ça sur fond d’affaire “Son of Sam”.

C’est donc dans cet opportuniste conteste que le groupe Talking Heads sort son plus gros succès Psycho Killer. Entre punk et funk, annonciatrice de New-Wave, la chanson décrit le monologue intérieur d’un tueur en série.

Monologue génialement interprété par un David Byrne habillé en “premier de la classe”, grimaçant entre démence et souffrance. Tantôt froid, tantôt électrique. Et distribuant du texte en français dans cette ligne de refrain proéminente : “Fa fa fa fa – Qu’est-ce que c’est ?!”. Pour symboliser la multiple personnalité du fictif tueur.

Et à une époque où le monde de l’audiovisuel, après avoir usé jusqu’à la corde le mythe du zombie, nous sort du tueur en série à tours de bras… Laissez-moi remettre sur le devant de la scène ce classique du rock datant (mais non daté) de 77.

 

Dr Hannibal – Don Choa

Changeons de ton mais pas de thème.

Je vous propose de faire un petit détour dans monde du Rap, au début des années 2000, où le Dr Hannibal a.k.a Don Choa nous gratifiait (oui, et sans sarcasme) d’une petite histoire d’horreur.

Membre le plus déjanté du groupe de rap Marseillais Fonky Family. Don Choa, de son vrai nom François Dilhan, s’en affranchi en 2002 pour satisfaire son petit délire artistique sur l’album Vapeurs Toxiques.

Avec sa dégaine patibulaire et des sonorités faisant autant de références que ses paroles – drôlement gores – au cinéma de genre. Don Choa, avec son refrain entêtant, signe ici un rap burlesque qui a autant sa place à côté des citrouilles que des madeleines, celles de Proust.

Contrat honoré pour Halloween. Entre farces et friandises, frissons garantis et quelques sourires ; au moins, celui d’une certaine nostalgie.

 

Lullaby – The Cure

La petite berceuse gothique de The Cure sort en avril 89 sur l’album Disintegration.

1989 est aussi l’année où l’iconique chanteur du groupe, Robert Smith, fête ses 30 ans. Pas au mieux de sa forme, en plein crise de la trentaine, Robert entre en studio pour enregistrer une “chanson douce”. À son image : lugubre, inquiétante et sombre. La chanson évoque un monstre mangeur d’enfants. Ambiance !

Bien sûr, il s’agit d’une métonymie trouvant diverses autres explications telles que : les addictions, la bisexualité ou (et ?) la dépression.

Une fois le mixage terminé, le groupe envisage dans un premier temps de le jeter. Mais Robert, vraisemblablement inspiré, propose d’en faire un clip. Un bien marquant.

Il enfile donc son plus beau pyjama, s’installe dans son lit et sous la houlette du réalisateur Tim Pope, il laisse libre cours à son imagination morbide pour nous narrer ce cauchemar.

Et ce, pour notre plus grand plaisir !

 

Mr Crowley – Ozzy Osbourne

Une playlist Halloween ne serait pas une playlist Halloween sans notre “Prince of Darkness”, mangeur de chauve-souris, j’ai nommé Ozzy Osbourne. Ici, avec son titre Mr Crowley.

Sorti en 1980, ce titre Heavy Metal est un hommage (si l’on peut dire) à Aleister Crowley. Ce dernier était un écrivain, poète, occultiste, franc-maçon, tarologue et astrologue britannique. “Magicien sexuel” et fondateur de la religion thélémite. Il répondait également au charmant surnom de : The Great Beast 666.

Ozzy eut l’idée de cette chanson en trouvant un jeu de cartes de tarot trouvé dans le studio alors que l’enregistrement de l’album Blizzard of Ozz avait commencé.

Se remémorant une biographie de Crowley, il griffonne quelques lignes et demande à Don Airey de lui trouver un lugubre air de synthé. Une demi-heure plus tard, la chanson s’enregistrait…

Selon un sondage réalisé par Gibson, la chanson se classe 23eme plus grande chanson Heavy Metal de tous les temps. Et le solo de guitare de Randy Rhoads, 28ème de sa catégorie.

 

Pet Semetary – Ramones

Pet Semetary (Cimetière des animaux de compagnie) est un single du groupe punk Ramones, extrait de leur album Brain Dead (89).

La chanson est écrite pour le film Simetierre, l’adaptation cinématographique du roman éponyme de Stephen King. Ce dernier étant un grand fan des Ramones les invite un jour dans sa maison de Bangor alors qu’ils jouaient en Nouvelle-Angleterre.

Au cours de la visite, le romancier remet une copie de Pet Semetary à Dee Dee Ramone. Le bassiste se retire alors au sous-sol et en ressort une heure plus tard avec les paroles de la chanson.

Les producteurs Daniel Rey et Jean Beauvoir sont crédité co-auteurs, ayant contribué à donner à la chanson une structure plus commerciale et pop rock. Ce qui a permis sont utilisation dans le film et favorisé sont passage à la radio.

Malgré un des plus gros succès commercial du groupe, elle est nominée cette année pour le prix Razzie de la pire chanson originale.

Le clip est tourné en janvier 89 dans un vrai cimetière, celui de Sleepy Hollow à New York. Et il y est à noter l’apparition “caméo” de Debbie Harry et Chris Stein de Blondie.

 

Season of the Witch – Donovan / Lana Del Ray

 

En cette saison de la sorcière, il est toujours bon de ressortir cette chanson de 1967, écrite, composée et interprétée par le chanteur écossais Donovan.

Bijou, sinon classique, du début de l’ère de la pop psychédélique, elle a été récemment reprise par Lana Del Ray. Cette version donne à la chanson un air plus envoûtant, hanté, tout en respectant une touche rétro 60’s.

Un temps pressentie pour paraître sur la B.O du dernier Tarantino Once Upon a Time in Hollywood, Lana va lui préférer le Scary Stories de Guillermo Del Toro, dans lequel un livre hanté permet à des créatures maléfiques de reprendre vie.

Une bonne reprise donc, de cette chanson de Donovan qui avait déjà su insufflé, tant dans la musique que les paroles un caractère langoureux à son Season of the Witch.

Plus qu’une chanson un vrai trip projetant une atmosphère sombre et inquiétante, sur fond de sinistre histoire de paranoïa et de paranormal.

Et vous vous préférez quelle version ?

 

 

 

I Put a Spell on You – “Screamin’” Jay Hawkins

 

Lorsque Jalacy Hawkins écrit et enregistre I put a spell on you (je t’ai jeté un sort) en 1955 pour la première fois; il le fait sous forme de ballade rythm’n’blues. Une vraie – du moins, traditionnelle – et raffinée chanson d’amour.

Cependant cette version, n’a pas été publiée à l’époque. Ces producteurs souhaitant “autre chose”.

Cet “autre chose” viendra de la même chanson mais lors d’une soirée très fortement alcoolisée dans les studios de son producteur Arnold Maxin. Tellement alcoolisée que le lendemain il ne se souvenait même plus avoir ré enregistré la version “bizarre” de sa ballade romantique.

Mais ce fût comme une révélation pour Jalacy qui devient alors “Screamin” Jay Hawkins. Car oui, sa chanson initialement simple cri du coeur est devenue criée (littéralement) “à la mort”.

Seulement, changer d’interprétation les même paroles modifie bien des choses et Jay se voit être refusé de passage à la radio en raison d’un contenu devenu scandaleux, trop “sexuel et cannibale”.

Qu’à cela ne tienne c’est lors d’un passage à la télévision que Jay marquera les esprits. Il apparaît sur scène en longue cape, sortant d’un cercueil au milieu de la fumée et du brouillard pour crier son amour.

L’acte fait sensation et la chanson se vendra à des milliers d’exemplaires avant même son premier passage à la radio. Une version censurée des cris et gémissements ayant été réalisé pour l’occasion.

On le verra apparaître aussi parfois avec des défenses dans le nez, portant un crâne fumant une cigarette nommé Henry. Ou avec des serpents accompagnés de feux d’artifice. Se transformant à chaque fois en beau Diable pour une des plus belles chansons d’amour de l’histoire de la soul, du blues et même du rock.

 

 

 

Bela Lugosi’s Dead – Bauhaus

Sortie en août 1979, la chanson (fleuve) du groupe post-punk Bauhaus est établie par les musicologues comme la première chanson de genre “gothique”.

S’étalant sur presque 10 minutes, elle se veut être un hommage à Bela Lugosi, le premier acteur à avoir interprété Dracula au cinéma, mort en 56.

Des rumeurs insistantes prétendent que Bela Lugosi avait fini par se prendre réellement pour Dracula. Le groupe, fan de cinéma de genre, a alors réinventé, à travers cette chanson, ses funérailles en tant que tel.

Bela Lugosi’s Dead a été enregistré en une seule prise et c’était la toute première chanson que le groupe enregistrait ensemble à peine quelques semaines après leur formation.

Cet “exploit” est surtout dû au fait que Bauhaus l’a joué sans aucune pression, comme une authentique “expérience post punk”. D’ailleurs, le morceau n’est même pas sorti en single à l’époque seulement en face B.

Pourtant malgré sa structure musicale improbable, sa ligne de basse sombre et descendante et ses effets d’échos volontairement empruntés au Dub Reggae; elle est devenue une véritable référence et des dizaines de groupes se sont formés dans son sillage. Et des groupes déjà existants ont suivi ce tournant musical The Cure et Siouxsie and The Banshee en tête.

Et selon un récent sondage réalisé par The Guardian, la chanson se classe à la 19eme position des 50 événements musicaux les plus marquants et donc, forcément, dans ce Top 10 des chansons pour Halloween de la Fléministe…

 

 

 

 

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Brice

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