Il était… Louise Attaque.

En 1997, Gaëtan Roussel, Arnaud Samuel, Robin Feix et Alexandre Margraff font sensation sur la scène française, emmenant au vent de leur Folk Rock énergique et violonnisé des milliers de personnes.

Avec ses plus de 2 millions 800 mille copies écoulées, il est un des albums les plus vendus de l’histoire du rock français. Son nom ? “Louise Attaque”, éponyme à celui de son groupe.

Et, ça n’a pas pu vous échapper : il fête, en avril de cette année, ses 25 ans…

 

Il était…

Louise Attaque

 

À la fin des années 80, dans les couloirs d’un lycée de Montargis, Gaëtan Roussel (chant, guitare) entreprend de monter un groupe avec un ami bassiste, Robin Feix. Rejoints par Alexandre Margraff à la batterie, ils forment “Caravage”, nom choisi en hommage au peintre Italien (Le) Caravage.

Orientés Rock et avec la complicité de David Antoniw (guitariste, futur ingénieur son), ils enregistrent une première cassette dans la cave d’Alexandre. Cassette qui se vendra à… moins d’une dizaine d’exemplaires.

Ils écument les bars, les salles des fêtes et autres foyers ruraux pendant quatre ans, jusqu’à ce que David quitte le groupe. Loin de se décourager, le trio laisse une petite annonce, dans un studio de répétition, cherchant alors un violoniste. C’est Arnaud Samuel qui y répond…

1994, le nouveau quatuor change de nom et devient Louise Attaque.

Communément associé hommage à Louise Michel, ce nom de groupe est en fait une référence alambiquée à Violent Femmes, un groupe de Punk Folk Américain dont ils tiennent leurs envies et influences musicales.

Cracher leurs souhaits

Louise Attaque, comme Caravage avant lui, se veut un groupe de scène. Et c’est avant tout  sur la route qu’il se fait un nom. Amours et Les Nuits Parisiennes résonnent déjà dans de nombreuses petites salles de la capitale et Bretonnes. Quand J’t’emmène Au Vent n’est alors qu’un intermède, joué par bribes, trois – quatre fois par soirée. Accrocheur.

À cette époque, c’est Louise qui se charge d’écrire aux patrons de salles et de bars pour leur demander si “elle et ses copains pouvaient venir jouer chez eux.”

“Dans le style d’une petite fille de 7 ans” dixit Robin Feix, son créateur.

Car, oui, Louise est pensé comme un personnage, un membre du groupe, à part entière. Elle sera même incarné un peu plus tard dans le clip de J’t’emmène Au Vent.

À l’issu d’un passage mémorable au Printemps de Bourges en 1995, ils sont remarqué par Marc Thonon, patron du label Atmosphériques. Ce dernier les convie alors à transformer leurs maquettes en album avec, cerise sur le gâteau, Gordon Gano (chanteur, guitariste des Violent Femmes) à la production.

Pas d’erreur. Une telle invitation ne se refuse pas…

 

 

Au dessus des gens

Louise Attaque, l’album, sort donc en avril 97 et recèle de tubes. Problème : il est boudé par les radios encore friandes de boys et girls bands. Tandis que les radios rock font toujours les yeux doux au 666.667 Club de Noir Désir. S’ajoute à cela un retour en grâce de la musique traditionnelle, particulièrement Celte, Tri Yann en tête. Difficile alors pour le groupe jugé “hors-normes et non consensuel” de se faire une place dans le paysage audiovisuel.

Qu’à cela ne tienne ! Leur public répondait déjà au rendez-vous, remplissant toutes les salles sur leur passage. Et les festivals estivaux se les arrache. C’est le bouche à oreille qui se charge de la promo de l’album. Puis, sous la pression de ses auditeurs, Fun Radio *soupir nostalgique*, lui ouvre une première porte.

Très vite, Louise et ses copains se mettent aussi à crever l’écran. Il y a, bien sûr, le clip de J’t’emmène Au Vent, qui annonce la couleur à celles et ceux qui découvriraient le groupe.

Et il y a le clip de l’autre gros succès, Ton Invitation, réalisé par le futur palmé d’Or, Jacques Audiard. Une vidéo assez nerveuse, au service d’un texte désenchanté, dans lequel le groupe raconte une histoire amoureuse disons… peu convaincante. Et une chanson qui restera près d’une année entière dans le Top 100 des meilleures ventes en France. Rien que ça.

Pas artificiels

-Louise Attaque c’est aussi, et surtout, une identité, un style bien à eux. Inimitable, encore moins égalable. C’est la voix éraillée aux accents aveyronnais et plaintifs de Gaëtan Roussel. Rocker sensible à la gueule”cassée”. Et le violon en contre chant d’Arnaud.

Des chansons dépouillées, brutes, certes plus folk que rock à l’écoute, mais dont l’énergie ne peut que les ranger (et sans rougir, n’en déplaise aux puristes) aux côtés des illustres Noir Désir et Mano Negra.

Des chansons qui ont la particularité d’être courtes. Rares sont celles qui excédent les 3 minutes, et de peu, ce qui est caractéristique du punk. Avec des textes toujours bien moins naïfs que ce qu’une première écoute peut laisser entendre. Gaëtan Roussel, unique auteur, manie bien la langue française et ne se prive pas de nous en amuser ou émouvoir.

Louise Attaque, c’est aussi plusieurs vies dans une vie. Il y aura un deuxième album Comme On a dit (2000). Le fameux “album de la maturité”, plus sombre. Et dont les très bonnes ventes qui, sans dépasser celles du premier, témoignent de sa qualité. Victoire de la musique à la clé.

Après quoi, en 2001, le groupe se scinde. Gaëtan Roussel et Arnaud Samuel forment Tarmac. Quand Robin Feix et Alexandre Margraff explorent d’autres genres musicaux sous le nom de groupe Ali Dragon. Tout ça pour mieux retrouver Louise en 2005 pour l’album À Plus Tard Crocodile. Puis, nouvelle longue “pause” jusqu’à Anomalie qui sort en 2016.

 

 

Happy Birthday Léa !

Léa, l’autre grand prénom de leur iconique album. Et, peut-être, que vous l’entendrez encore différemment dans quelques minutes car l’accompagne une petite légende qui fait les grandes chansons.

De jeux de mots en contre-pieds, elle aiguise les curiosités. Et nombreux sont ceux qui se sont demandés qui pouvait bien être cette Léa. Il n’y aurait pourtant pas de quoi en faire toute une histoire tant sa description semble être celle d’une fille très (voir trop) banale. Mais “l’hommage” témoignerait alors d’une belle et forte histoire d’amour.

Ou son contraire ! Peut-être que Léa est une fille qui a éconduit Gaëtan et qu’il tient là une petite vengeance, se convaincant, au passage, qu’elle n’était pas si bien que ça.

D’aucuns, encore, émettent l’hypothèse qu’il s’agirait simplement des initiales du groupe. L.A. L et A.

Et… Il y a cette théorie comme quoi Léa serait en fait une représentation du sexe du chanteur. Un “p’tit nom” donné, comme ça. Il ne vous reste alors plus qu’à réécouter attentivement les paroles de la chanson…

Gaëtan Roussel, amusé, n’a jamais affirmé cette hypothèse mais, sourire en coin, ne l’a jamais repoussé non plus. Ne voulant surtout, en aucun cas, gâcher l’impressionnisme de ses textes.

Mais, quand même! Avouez que ça aurait de la gueule ! Et si ça c’est pas “rock” dans l’esprit, alors, je n’y connais plus rien…

Pour l’heure, ré-attaquons-nous, à travers Léa, à l’univers de Louise Attaque. Résolument rock à n’en plus douter. Bien au delà des chiffres. Un album générationnel que vous n’aurez sans doute pas à chercher bien loin.

Pas un grain de poussière, encore moins une ride pour ses 25 ans. Intemporel et donc, bien plus qu’une amourette. Eternel.

 

Il était une chanson…

Léa – Louise Attaque

 

 

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Brice

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