Faut qu’je marche

L’année 2020 a été ponctuée de confinements. On a dû rester enfermés. Et moi probablement un peu plus, parce je n’osais pas sortir, parce que ma bulle de sécurité était réconfortante, parce que cette solitude me plaisait. En 2021, ça ne m’allait plus vraiment, alors j’ai voulu sortir, marcher, un peu. Puis un peu plus, même beaucoup et énormément.

chemin champ

Au début je me baladais

Il faut comprendre qu’à cette époque, je ne sortais que pour me rendre dans des commerces essentiels. Mon canapé me servait de bureau pour le travail, de table pour manger, et accessoirement de canapé pour le reste de la journée. J’eus l’envie de sortir davantage, mais comme un mauvais timing (ouais je fais toujours tout en décalé des autres) : confinement. Cette fois, on peut sortir jusqu’à vingt kilomètres. La forêt se situe à un kilomètre de chez moi. Donc là, je peux. Les premières fois où je suis allé marcher, c’était donc juste pour sortir, prendre l’air frais, pratiquer une bribe d’activité physique. C’est donc parti d’une simple balade. C’était chouette, d’entendre les oiseaux, le vent dans les arbres, cette fraîcheur de la nature. Je croisais des gens, qui eux aussi profitaient de la proximité de cette forêt. Parfois, au détour d’un chemin, ou au loin dans la forêt, j’apercevais des animaux sauvages.

animal dans la forêt

Cette forêt me semblait immense. J’avais commencé par un parcours simple, pas trop long, sur les grands chemins. Puis j’avais essayé de varier, pour changer, découvrir davantage. Naturellement, je marchais de plus en plus longtemps. En regardant sur la carte l’autre bout de la forêt, le point le plus éloigné, me semblait à des années lumières. Une fois, alors que j’avais entamé un parcours, je voulais voir où j’étais rendu, et il s’avère que j’y étais arrivé, tout au bout. Au final, cette forêt n’était pas si grande. J’en avais fait le tour, ça n’était pas si impressionnant. Mais c’est agréable, d’avoir un coin de nature sauvage si près de chez soi.

 

Après j’ai randonné

La forêt étant devenue trop petite, j’ai eu envie d’aller voir plus loin, plus grand. Pour ça, je me dotais d’une application qui me référençait les parcours à faire dans le coin. Et je partais donc, pour marcher, pendant deux, trois heures. J’ai découvert des endroits merveilleux. J’étais friand de cette beauté simple, pure. Les décors changeaient, je passais par des forêts, des petits villages, au milieu des champs. Certains endroits vallonnés, et parfois, au milieu de nulle part, un lavoir, un ruisseau, un étang. Tout n’était pas nécessairement beau, la plupart du temps, c’était même quelconque. Parfois, il ne faisait même pas beau. La campagne sous un ciel gris, ce n’est pas si merveilleux. Mais l’espoir de tomber par hasard sur quelque chose de chouette, je ne sais pas, ça me motivait.

J’enchaînais les kilomètres, je n’étais plus en balade, mais bien en randonnée. J’avais investi dans des chaussures plus adaptées à cette pratique. J’aspirais à repousser mes limites, marchant toujours plus longtemps, toujours plus loin. Le défi était maintenant devenu physique, mais je le relevais de plus en plus avec une facilité quasi déconcertante.

champ campagne

 

Faut qu’je marche

N’ayant jamais été vraiment sportif, je ne crois pas que ce soit l’aspect physique qui me motivait. Peut-être l’envie de découverte, et encore. Au-delà d’entretenir mon corps, la marche me permet surtout d’entretenir mon esprit. C’est Ben Mazué qui m’en a fait prendre conscience, premièrement au travers de sa chanson “Quand je marche“.

 

“Faut qu’je marche, parce que j’comprends quand je marche
Faut qu’je marche, parce que j’apprends quand je marche
Faut qu’je marche, parce que je pense quand je marche
Parce que j’avance quand je marche, parce que je rêve quand je marche”

Quand je marche – Ben Mazué

 

Quand on marche, tout semble plus clair. Peut-être à cause de l’air frais qui oxygène mieux notre cerveau. Tout est plus calme, plus serein. On est presque coupé du monde, puisqu’on est occupé, on n’a pas cette tentation malsaine de scroller en permanence. On se retrouve en plein milieu de nulle part, en pleine liberté. Je n’ai jamais autant apprécié ce sentiment de liberté que cette fois-là, où j’étais en plein milieu de la forêt, avec personne à des kilomètres. C’était calme, je pouvais chanter, crier aussi fort que je le voulais, danser, rire. Sans doute étais-je un poil euphorique alors que j’en étais à une bonne quinzaine de kilomètres, mais j’étais heureux.

Lors de son concert, le Paradis Tour, Ben Mazué nous raconte ses expériences de randonnée, à la Réunion. Selon lui, la randonnée, c’est comme une séance de méditation. Je suis entièrement d’accord avec lui. La marche, ça permet de faire le point sur ta vie, une grande introspection. Tout s’éclaircit dans ton esprit. Toutes les questions qui t’assombrissent le quotidien, d’un coup, tu sembles avoir les réponses. Je ne suis même pas certain que réellement ça t’apporte des réponses, mais au moins, ça t’apaise. Comme une méditation. C’est une pause calme et douce. Sauf que tu marches, quand même. Et tu vois des trucs, jolis. Un avion de tourisme qui passe, un chant d’oiseau, un joli point de vue, une petite rivière. Ça t’interpelle, alors tu t’arrêtes, tu profites, tu t’émerveilles. Et puis tu repars. Tu replonges dans tes pensées, dans tes réflexions, et parfois même tes rêves.

 

 

 

J’ai compilé quelques vidéos de mes randonnées sous forme d’un court-métrage, si tu veux le découvrir c’est ici : “Faut qu’je marche, le court-métrage“.

 

 

 

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Julch

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