A tous ceux qui ne m’aiment pas

Ce week-end, mon fils a eu à apprendre une poésie. C’est allé vite, elle est simple et facile. Jusqu’à ce qu’il me demande pourquoi on souhaiterait une bonne année à ceux qui ne nous aiment pas.

Bonne année à toutes les choses,
Au monde, à la mer, aux forêts,
Bonne année à toutes les roses,
Que l’hiver prépare en secret.
Bonne année à tous ceux qui m’aiment,
Et qui m’entendent ici-bas,
Et bonne année aussi, quand même,
A tous ceux qui ne m’aiment pas.

Rosemonde Gérard (1871-1953)

 

S’en est suivie une discussion sur la bienveillance et la tolérance. A la fin, il était ok et a promis de ne plus tuer ses ennemis imaginaires et de se contenter de leur casser un bras avant de les emprisonner.

Lundi, retour au boulot, tout allait bien, j’étais en train de programmer mon « déjeuner de départ » avec ma bande de potes, avant mon changement professionnel. On est sept, tous seront là, un petit resto, une heure de RTT posée, et un chouette moment avant les au revoir (en respectant les gestes barrières, toussa toussa).

ceux qui m'aiment

Sauf que. Après 12 ans dans cette boite, et plus de 170 collègues, réduire le nombre à sept me rendait « chafouine ». Du coup, dans un élan de sociabilisation (la pandémie n’a pas de prise sur mon optimisme), je décide de convier les « collègues que j’aime bien » à un petit afterwork en extérieur la veille du départ. Se pose alors la question de ceux « qui m’aiment bien » et que, moi, je n’aime pas. Pas que je sois la meuf la plus aimable du monde, hein. Au contraire. Mais avec le temps, ceux qui me trouvaient froide et cassante, ont parfois découvert avec plaisir qu’en fait j’étais juste introvertie et drôle.

Question de point de vue diront certains

J’en suis venue à m’interroger sur tous ceux qui ne m’aiment pas. 12 ans dans une boite, ça laisse des traces. On crée des liens mais aussi des inimitiés. Je me souviens d’une directrice qui me détestait tellement qu’elle avait poussé un fournisseur à se plaindre d’un délit d’initié de ma part. Ou d’un responsable de service qui faisait un travail en sous-marin (durant deux ans quand même) auprès de ma hiérarchie pour tenter de prouver mon incompétence.

ceux qui ne m'aiment pas

Au fil du temps, on en croise toujours. Et à ceux-là, à tous ceux qui ne m’aiment pas, j’adresse ces quelques lignes.

Si je t’ai fait du mal, consciemment ou non, je te demande pardon.

Si j’ai attisé ta haine et ta colère, volontairement ou non, je te demande pardon.

Si je t’ai blessé.e, humilié.e, méprisé.e, ouvertement ou non, je te demande pardon.

Mais si tu ne m’aimes pas parce que ma tête, mon sourire et ma voix ne te reviennent pas. Si mes opinions, mon avis, mes valeurs te hérissent. Si mon poids, ma taille et ma posture te répugnent. Si ce que je dis, ce que je suis, ce que je représente t’insupportent. Alors, passe ton chemin. Simplement.

Lors d’un précédent article (Kit de survie pour les fêtes de fin d’année), j’évoquais les accords toltèques. Je reprendrai ici, le premier : « Que votre parole soit impeccable ».

A tous ceux qui ne vous aiment pas, dites-leur : « Evite de dire de la merde, sur toi, moi et les autres. Ou alors, ne dis rien. ».

Vous commencerez ainsi cette nouvelle année avec un poids en moins.

 

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