Dési Mac Lau : Le Clan des Sacrifiés.

Dési Mac Lau est une auteure originaire d’Orliénas dans la région Lyonnaise. Titulaire d’une maitrise d’Histoire et documentaliste dans le milieu scientifique, elle a tout plaqué pour assouvir l’envie, ancrée en elle depuis son adolescence : l’écriture. Le Clan des Sacrifiés est son premier roman, paru en autoédition sous la forme d’une trilogie. Un univers noir et malsain, aux antipodes de la bonhomie de son auteure, que j’ai eu la chance de rencontrer.

Dési Mac Lau logo

LE FOND

Imaginez un manoir aussi immense que glauque, protégé par une clôture et un portail métalliques noirs et froids. Ce logis abrite Christopher, un chef de clan mafieux, entouré de ses hommes de main et de ses domestiques. Il y a aussi Sebastian, son fils détesté, son souffre-douleur, celui qui exacerbe sa face sombre et qui libère sa violence jusqu’à son paroxysme. Et puis un beau jour, dans cette maison de l’horreur, Lila fait son apparition. Elle appartient à un autre monde. Elle est douce et belle comme un ruisseau à l’orée de la forêt. Par sa seule présence, elle va bouleverser le présent, réveiller le passé et faire exploser ce clan en mille morceaux.

Comme dans tout thriller digne de ce nom, aucun des personnages n’est lisse. Même la cruauté sans nom de Christopher est contrebalancée. Dési Mac Lau nous décrit adroitement une société où le noir n’est jamais tout à fait noir et où le blanc vire au gris. Au milieu de la violence, il y a le courage, le respect des valeurs (même si ce sont celles de la mafia…), mais aussi l’amour. L’amour qui soigne les fêlures, mais qui met également le feu aux poudres.

Lorsque l’occasion m’a été donnée de rencontrer Dési Mac Lau, j’avoue avoir essayé d’imaginer à quoi elle pouvait bien ressembler. Pour écrire une telle noirceur, je m’attendais à un look gothique, des cheveux bruns corbeau, un visage dur, un maquillage sombre et appuyé… Et c’est une jeune femme souriante, naturelle et à la tenue colorée qui m’attendait, déjà attablée et plus ponctuelle que moi.

« Je suis à l’opposé des histoires que j’écris. J’adore les magasins de jouets, les peluches colorées. Je suis fan de Lego, alors je m’achète des pochettes surprises de la marque et je les découvre dans mon petit coin à moi, en l’occurrence une mezzanine dans le garage. J’en besoin de cette espèce de truc enfantin, cette insouciance joyeuse dans une vie souvent tellement dure. »

Dési Mac Lau
Dési Mac Lau

LA FORME

Difficile alors de comprendre d’où lui vient une telle inspiration. Le Clan des Sacrifiés aborde les sujets de la prostitution, de la dépendance à l’alcool et à la drogue, des mariages forcés, de la torture, des expéditions punitives, des assassinats… On est assez loin de JouéClub ! La qualité de la plume est aussi à souligner. Terminer un chapitre est toujours une incitation à commencer le suivant. Dési Mac Lau laisse la part belle à l’action et aux dialogues, ce qui rend la lecture facile et agréable. C’est une écriture très visuelle, cinématographique.

« Contrairement à ce qui se pratique en littérature, je ne fais pas de plan. Ma manière de procéder est atypique. En fait, partout où je vais, je cherche à m’isoler et à observer. Ensuite, j’imagine des scènes. Enfin, pour être exacte, des scènes me viennent en tête. Que ce soit le soir dans mon lit ou pendant que je cuisine, que je me douche, ou que sais-je, elles arrivent dans mon cerveau. Puis je les rumine, souvent pendant plusieurs jours, avant de les mettre par écrit. Du coup, je rédige parfois le chapitre 8 avant de revenir sur le chapitre 2 qui n’est finalement plus logique avec la suite. »

Ce point-là est celui qui m’a le plus surpris dans ma découverte de l’auteure Dési Mac Lau. Sa trilogie est un thriller palpitant, avec ses rebondissements, ses effets de manche pour pousser le lecteur sur une fausse piste… Et j’apprends que ces 3 manuscrits ont été écrits sans plan, sans ligne directrice claire au départ ! C’est à peine imaginable. Pourtant, chaque pièce du puzzle gagne sa place et construit joliment l’intrigue, ce qui est bien le principal finalement.

Ainsi, je crois que pour apprécier l’œuvre de Dési Mac Lau, il ne faut pas chercher à la cerner. D’ailleurs, je trouve que même assise à une table, dans un restaurant à tapas, autour d’un cocktail sans alcool, elle a le sens de la formule. Evoquant l’un des personnages principaux du Clan des Sacrifiés en le comparant à elle-même, elle me dit : « Personne ne comprend Christopher comme personne ne me comprend. ». Je crois que c’est une belle conclusion.

Je vous invite à vous ruer sur Le Clan des Sacrifiés de Dési Mac Lau. Mention spéciale également à Magda Salleï pour la création graphique particulièrement réussie.

Dési Mac Lau est aussi à suivre sur Instagram ici : @mac_lau_desi.

Le Clan des Sacrifiés tome 1Le Clan des Sacrifiés tome 2Le Clan des Sacrifiés tome 3

57740cookie-checkDési Mac Lau : Le Clan des Sacrifiés.
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