Rencontre amoureuse sur les internets

Avant, on s’écrivait des mots d’amour sur papier. Puis on s’est envoyé des e-mails. En 2021, on fait connaissance avec l’Autre, là-bas, en message privé, en MP, en DM, via nos applications. La virtualité, la curiosité et la solitude de nos villes nous font parfois tourner la tête. Et dans notre tête, deux cerveaux sont en grande discussion quand le cœur s’emballe. De notre reporter sur place.

Discussion entre le cerveau gauche, prétendu « logique » (et ici, franchement casse-bonbons) et le cerveau droit, avec son penchant présumé pour l’émotion et l’intuitif (et ici, je le trouve choupinou, moi)

(À gauche, le cerveau gauche, à droite, le cerveau droit)

 

Cerveau droit, au rapport !

Skia ?

Je reçois un message : une fille du Sud qui demande sur Twitter de commenter des « échanges », tu es au courant ?

Ben ouais, suis au courant, tu penses… Tu penses… car tu es le cerveau gauche, tu as pigé ?

LOL, développe, bouffon !

Ben, d’un tweet, d’une réponse à ce tweet nait un truc zarbi, voici 10 jours 5 heures et 20 min.

Parle français !

On cause dans le poste en virtuel, parfois pendant des heures.

Tu as que ça à foutre ? Qui ramène le blé à la maison ?

Ben, moi.

Oui bon OK, continue.

Cette fille m’inspire, me redonne confiance, je fonds… Je devine ses réponses,

je les guette, elle m’apporte plein de petits trucs.

TU FONDS ! Attention de ne pas craquer, on est deux dans notre tête, hein.

Ce que tu peux être vieux jeu…

On m’a rapporté certains excès de ta part, AVOUE !

Oui, J’AVOUE (ne crie pas comme ça !), de la poésie en automatique,

des messages à double sens, des propositions indécentes.

Toi ?

Ben oui moi, c’est pas avec toi qu’on va s’amuser, Ducon.

Tu as lu le contrat, tu as réfléchi un peu ? Les contingences, toussa

Oui, tu vas me dire que j’ai déjà… fondu dans un passé récent, mais y’a des choses qui se passent, des évidences.

So what, little boy ?

Shut up, big head ; ma psy m’a dit de vivre. Si cette demoiselle partage un dixième de ce que je ressens, ce serait déjà bien.

 

Car tu as tendance à exagérer, hein ! Je dois chaque fois te calmer, et je devine qu’elle te l’a dit elle-même.

Indeed, my cold fellow… Quand j’aime un truc, je fonce, alors que je pourrais…

Devrais…

Devrais, oui, me contenter de ces belles discussions, le matin, le midi, le soir.

Non pas le soir. Le soir, tu te gremlinsises.

Cela existe, ce verbe ? C’est pas à moi de trouver de tels néologismes ?

Ben , tu es à côté de moi, n’oublie pas, je te lis aussi.

Vrai.

Autre chose : tu as vu, la miss a besoin de temps pour bien connaitre les gens.

T’inquiète, elle a l’art de me remettre en place, en douceur.

Je sens chez elle de la fragilité, mais aussi une grande maturité.

Tu veux refaire le monde, quoi. Comme d’hab…

… (boude)

Alors, tu vas faire quoi ?

Qu’est-ce que NOUS allons faire, tu veux dire.

Je te dirais de continuer ainsi, en soft, et la nave va.

OK « chief », tu sais que RESPECT de l’autre figure dans nos conditions générales.

Mais il reste que ces ping-pongs écrits m’enchantent.

“Elle m’enchante, la Marseillaise”, c’est de toi ça ?

Viiiiiiiiiii !

Bon allez, retournes-y va !

Merciiiiiiiiiiii : on sort ensemble ce soir ? Mais laisse-moi vanner, t’es pas au top sur ce coup.

……………………………………………………………

 

Pour N., si elle me lit ici

 

 

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