Il était une chanson… De premières et de records

Le 30 Novembre 1982 paraît l’album Thriller de Michael Jackson. 2ème album le plus vendu de tous les temps (devancé depuis 2018 par le Greatest Hits des Eagles), ce n’est pas seulement le monde de la musique, mais bien tout l’univers audiovisuel qui va être chamboulé à sa sortie…

 

Il était une chanson… (1/2)

Billie Jean – Michael Jackson

michael jackson

Malgré le succès de son premier album solo – en tant qu’adulte et totalement affranchi des Jackson 5 – Off The Wall, paru en 1979, Michael Jackson se trouve frustré de n’avoir obtenu que le Grammy de la meilleure performance vocale pour Don’t Stop ‘Til You Get Enough. Selon lui, il méritait la récompense d’album de l’année, qui reviendra à Billy Joel pour 52nd Street.

C’est donc un peu revanchard qu’il retourne en studio pour faire un album “qui ne comprendrait que des Hits”. Toujours accompagné de Quincy Jones à la production, c’est aux studios Westlake Recording, à Los Angeles, que va naître Thriller. Pas moins de 300 chansons, en 8 mois, vont être travaillées par les deux hommes qui finiront par en garder… 9.

Sur ces 9 chansons, figure Billie Jean, sur laquelle Michael bossait depuis un moment déjà et qui virait à l’obsession pour le chanteur, alors âgé de 23 ans, persuadé qu’il était de tenir LE hit…

 

“It’s not my love”

 

Billie Jean raconte l’histoire d’une femme qui prétend que la jeune star est le père de son enfant, ce dont il se défend dans la chanson.

Ceci étant, et de l’aveu même de Quincy Jones, Billie Jean est un personnage fictif alors que des rumeurs allaient bon train sur une histoire traumatisante que Michael aurait vécu. Ce dernier se montrera plus vague en déclarant que la chanson avait été inspirée par les dires de groupies à propos de ses frères aînés durant l’époque Jackson 5.

Plus vague, voir même carrément mystique lorsque, lors d’une interview, il évoque le fait qu’il n’était qu’un “récepteur” et que cette chanson lui a été “transmise par quelque chose de supérieur, de transcendant...”

Quoi qu’il en soit, voilà de quoi (et, qui va !) créer le buzz autour d’un Michael Jackson en quête d’une plus grande gloire.

Mais c’est bien par la musique, avant tout, que cela passera…

 

michael jackson

 

Startin’ Something…

 

Rarement un morceau sera autant identifiable à un chanteur et ce, dès ses toutes premières notes… de batterie ! Une sonorité particulière, jouée par Leon “Ndugu” Chancler, mais que l’on doit à l’ingénieur son Bruce Swedien, qui eut l’idée de surélever la batterie sur du contreplaqué pour l’isoler des vibrations, de glisser un morceau de bois entre la caisse claire et le Charleston ainsi que d’enfermer la grosse caisse dans un sac de couchage, dont la fermeture éclair permettait d’y glisser un micro.

Pour le résultat que l’on connait toutes et tous, il aura fallu (quand même) 91 prises.

Après 05 secondes, se greffe la célèbre ligne de basse de Louis Johnson. Travaillée en tête à tête avec Michael pendant plusieurs jours, elle est LA signature de Billie Jean. Puis 17 secondes plus tard, apparait le synthétiseur de Greg Phillinganes. Les trois instruments s’installent ensemble sur 07 sur secondes supplémentaires avant que Michael entonne :

“She was more like a beauty queen from a movie scene…”

Soit un total de 29 secondes, ce qui est énorme (chacun ira de son sens) pour une intro. D’ailleurs, Quincy Jones s’y opposera, forçant Jackson à monter au créneau : “C’est précisément ça qui me donne envie de danser !”

La danse… l’autre point fort de Michael Jackson qu’il développe, chanson après chanson, et qui va contribuer à le faire entrer dans la légende, précisément sur Billie Jean, un soir de Mars 1983…

 

Marcher sur la Lune

 

Le single est un carton immédiat. S’écoulant rapidement à des milliers, puis des millions d’exemplaires et propulse Michael Jackson en tête des Hit Parades.

C’est donc tout naturellement qu’il va l’interpréter lors de l’enregistrement d’une émission spéciale célébrant le 25ème anniversaire de la Motown. Il y apparaît pour la première fois avec sa tenue emblématique, qu’il revêtira à chaque fois qu’il jouera la chanson en concert : Fédora noir, veste noire à paillettes et un unique gant de golf blanc, également customisé. Mais LA grande première de la soirée, c’est lorsque – devant un public déjà conquis, aux yeux ébahis – il va, à 3min 39 de la chanson, exécuter son légendaire Moonwalk. Que je n’ai, je pense, nul besoin de vous décrire…

Alors, d’accord, ce n’est pas le “sien”. Il l’a emprunté à – mais perfectionné avec – Jeffrey Daniel du groupe Shalamar. Et ! Pour remonter même plus loin, le mouvement – du moins des ébauches – ont été faites par le Mime Marceau, Fred Astaire, James Brown et même Charlie Chaplin bien avant eux. Il n’empêche que c’est bien à Michael Jackson que l’on doit sa popularisation, depuis ce soir là.

Billie Jean, c’est aussi un clip qui résonne. Car, là encore, Jackson, va contribuer à une grande première : celle d’être un artiste noir massivement diffusé…

 

M Jackson

 

MJ vs MTV

 

Lors de son lancement en août 1981, la chaîne MTV allait se distinguer par sa diffusion de vidéoclips “24h/24”. La réalisation de ce format était en plein essor et les artistes savaient, qu’à présent, le succès d’une chanson passait aussi par l’image. Et quelle publicité incroyable que de passer sur la jeune MTV !

Michael avait à l’occasion de Billie Jean, réalisé un de ses premiers clips (même, techniquement, son premier) sous la houlette de Steve Barron. Le problème avec MTV était que la chaîne avait fait du Rock son crédo. Ce qui excluait, de fait, nombre d’artistes noirs. Le département marketing de la chaîne ayant estimé sa cible commerciale aux “jeunes urbains blancs” pensait qu’ils seraient rebutés par la musique afro-américaine. La conception du clip établi par MTV imposait alors sur une chanson filmée : De la New-Wave, du Rock, du Heavy-Metal ou de la Pop.

Lors des 18 premiers mois d’existence de la chaîne, seulement 3% des œuvres étaient interprétées par des musiciens noirs, dont le tube du moment Pass The Dutchie de Musical Youth.

Logiquement, la chaîne ne va pas tarder à être taxée de racisme et la controverse va prendre de plus en plus d’ampleur. Cependant, MTV ne cède rien, pas même à Columbia Records qui vient lui présenter la “super production” de Michael Jackson dont le single est actuellement n°1 partout. Excédé, le président de la maison de disques va menacer la chaîne de retirer tous ses artistes de leur diffusion, parmi lesquels Billy Joel et Pink Floyd.

Mise au pied du mur, MTV va accepter une diffusion du clip Billie Jean… Le succès sera tel qu’ils le mettront en programmation continue dès le mois suivant. Il sera rejoint rapidement par le clip d’un morceau plus rock de Jackson : Beat It.

Avec ce double succès, MTV va ouvrir progressivement sa porte à d’autres artistes noirs, Prince et Tina Turner en tête. Quant à Michael, son succès est sans précédent, que ce soit en terme de musique ou d’image. Mais tout ça n’était rien comparé à ce qu’il réservait pour la suite, avec un autre extrait de ce même album qui arrivait pour la fin d’année…

 

Mais, pour l’heure :

 

Replongeons nous dans la chanson des grandes premières et de nombreux records pour Michael Jackson qui, avec ce véritable coup de génie, “pop”ularisait la musique noire et en glanait ses premiers galons de King…

 

Il était une chanson…

Billie Jean – Michael Jackson

 

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Brice

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