Et si on désacralisait l’alcool ?

C’est l’été ! Le soleil, le bon temps, et l’apéro, évidemment ! Sortez les mojitos ! C’est frais, c’est rafraîchissant, mais tout comme peut l’être un bon jus de fruit, non ? Sauf que, sacrilège, il ne faudrait pas violer le sacre-ô-saint apéro en ne prenant pas d’alcool… Et si justement on décidait de revoir les règles, de ne plus se soumettre à la consommation d’alcool. Et si on désacralisait l’alcool ?

verres

L’alcool, symbole de coolitude.

Je ne sais pas à quand remonte cette culture de la consommation d’alcool. Comme si nous étions encore adolescents avec nos premières cuites, il reste toujours de bon ton de montrer que l’on en consomme, et d’autant plus si c’est en quantité. Même si depuis l’adolescence nos goûts se sont affinés, il semble toujours nécessaire de s’en vanter. Puisque plus important encore que de consommer, il est important de le montrer, d’en parler. Dans vos stories d’été Instagram, entre deux photos de plages sur fond de « Sunset lover » de Petit Biscuit, ce sont des photos d’alcool que l’on voit. Comme un symbole, l’alcool est synonyme de cool.

Notre société a fait de l’alcool une norme, à l’instar de la bière devant un match de foot ou de rugby. Dès lors, s’exhiber un verre à la main, c’est la preuve d’une vie sociale épanouie. Telle une jauge pour montrer qu’on s’amuse ou qu’on sait faire la fête, on remplit la coupe. On boit, peut-être pour se rassurer soi-même d’ailleurs, de sa vie sociale. Dans tous les cas, inconsciemment, par habitude, par norme, on consomme de l’alcool, pas forcément par envie, juste pour être cool.

 

La pression, sociale et non de bière

Interrogez-vous (ou pensez-y le prochain coup) sur les fois où vous prenez un verre d’alcool uniquement par habitude. En réalité, l’alcool a tellement été normalisé qu’il nous parait normal d’en consommer, même si concrètement on n’en avait pas spécialement envie. Inconsciemment, il s’agit d’une pression sociale. Pourquoi ? Parce que même si c’est un soda ou un jus de fruit qui nous fait envie, on n’osera pas pour éviter les réactions. Un apéro sans alcool, c’est mal vu.

apéro amis

Si vous souhaitez ne pas prendre d’alcool, il faudra vous justifier, systématiquement. Parce que si vous ne souhaitez pas d’alcool, c’est qu’il y a quelque chose qui n’est pas « normal ». Soit vous êtes encore sous l’effet d’une gueule de bois, soit vous êtes enceinte, ou soit juste vous n’allez pas bien. Bref, c’est lié à une contrainte et non un choix. Alors si vous avez une justification solide, telle qu’une raison médicale ou religieuse, on vous embêtera (probablement) un peu moins. Sinon, on vous forcera, un peu, parce que « ce n’est qu’un petit verre ». Pourtant, il ne faut pas oublier que, dans un certain degré, l’alcool peut être une addiction nocive telle que le tabac ou la drogue.

 

L’alcool c’est sacré

Je noircis, certes, un peu le tableau, mais c’est pour mettre en évidence une réalité certaine : l’alcool, c’est sacré ! Les us, liés à l’alcool, sont légions (apéro, trou normand, rincette…). Il ne s’agit pas de remettre en cause votre rapport ou votre consommation d’alcool, mais d’y apporter un autre regard. Il s’agit de démythifier l’alcool. Boire un petit coup c’est agréable, comme le dit la chanson, et je pense que c’est vrai. Nous apprécions, chacun à sa propre valeur, les plaisirs doux de l’alcool. Qu’ils soient gustatifs, olfactifs, cette légère ivresse qui nous rend joyeux, voire cette grosse ivresse qui nous rend chantant et titubant, on apprécie l’alcool, ou alors pas du tout.

Puisqu’un lendemain de cuite, même si l’adage nous conseille de soigner le mal par le mal, on préférera le coca à la vodka. Pour d’autres raisons, aussi, on peut préférer un coca (ou autre boisson non-alcoolisée). Enfin, non, en fait, pour aucune raison. Il serait bon de ne pas devoir se justifier (tout comme on ne se justifie pas de prendre un pastis et non pas un whisky). Il serait bon que l’on arrête de considérer l’alcool comme élément inconditionnel de coolitude. Il serait bon que l’on arrête de juger le verre du voisin. Il serait bon qu’on ne se force pas inconsciemment à une consommation qu’on ne souhaite pas, qu’on puisse se sentir libre de boire ce que l’on a envie de boire.

Et accessoirement, on s’en fout de ce que contiennent les verres, ce n’est pas important. Ce qui est important, c’est de se retrouver avec des personnes chouettes et de passer de bons moments. Et, lorsque vous trinquerez, ne croisez pas les verres et regardez-vous bien dans les yeux, ça en revanche c’est hyper important !

Bref, à votre santé !

 

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Julch

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