Marie Curie, la super héroïne radioactive

Il y a dans l’Histoire des personnalités qui sont aussi impressionnantes que des personnages de fiction, qui ont eu une vie aussi trépidante qu’une bonne série, des destins fous qu’auraient rêvé d’inventer n’importe quel scénariste.

Aujourd’hui, suivez-moi sur les traces de Marie Curie, la super héroïne radioactive qui aurait largement pu avoir sa place dans les Avengers.

Jeunesse

curie jeuneMaria Salomea Skłodowska naît en 1867 à Varsovie qui appartient, à cette époque, à l’empire russe du tsar Alexandre II. Mais cette période n’est pas propice aux intellectuels qui peuvent finir au goulag s’ils disent ou font quelque chose qui dérange le pouvoir. Et entre son père, issu d’une famille noble, professeur de mathématiques et de physique et sa mère, également issue de la noblesse, ce n’est pas toujours simple. Malgré cela, sa scolarité se passera sans encombre puisqu’elle est une enfance précoce (maintenant, on dit HPI, c’est plus hype) et sera très tôt attirée par le matériel de physique que son père a dans son bureau.

Mais, tel un épisode catastrophe de milieu de saison, Maria et sa famille vont enchaîner les drames. Tout d’abord, son père perd une partie de ses revenus puis leur logement de fonction à cause de prises de position qui ne sont pas au goût de tout le monde. Mais surtout, en l’espace de 2 ans, Maria va perdre sa sœur Zofia en 1876, morte du typhus, puis sa mère en 1878 qui succombe à la tuberculose.

Pour noyer son chagrin, Maria se réfugie dans les études et obtient son diplôme de fin d’études secondaires avec la médaille d’or devant tous les hommes de sa promotion. Mais cela ne lui suffit pas et elle souhaite faire des études supérieures. Sauf qu’à la fin du XIXème siècle, dans l’empire russe, ce n’est pas permis aux femmes. Elle va donc trouver un emploi de gouvernante dans une famille de province, pour financer son voyage et ses études à Paris.

 

Arrivée à Paris

curie coupleEn 1891, à l’âge de 24 ans, Maria arrive à Paris et change de nom pour Marie. Elle s’inscrit à la faculté des sciences de Paris où elle sera une des 27 femmes sur 776 étudiants. Elle aura sa licence de physique en 1892, étant première de la promotion puis sa licence de mathématiques l’année suivante, n’étant cette fois “que” deuxième.

En plus d’être intelligente, Marie est particulièrement belle et courtisée. Mais ses études et son travail passent en premier. Au point de négliger ses repas et son sommeil. Fatalement, sa santé décline et elle fait régulièrement des malaises.

En 1894, alors qu’elle travaille dans le laboratoire des recherches physiques de Gabriel Lippmann, elle fait la rencontre d’un certain Pierre Curie, chef des travaux de physique à l’École municipale de physique et de chimie industrielles, où ils finissent par travailler ensemble. Et là, ce qui devait arriver arriva enfin, c’est le coup de foudre entre eux. Là où tous les autres prétendants ne voyaient en Marie qu’une jolie femme à qui on allait pouvoir demander de faire de bons plats pour les repas mondains, Pierre voit en elle son alter ego et ils se marient dès 1895 lors d’une cérémonie la plus sobre possible, n’ayant que peu de moyen l’un et l’autre.

Deux ans plus tard, fin 1897, naîtra leur première fille, Irène, pendant que Pierre commence à enseigner et que Marie, qui ne s’arrête jamais, finit première à son agrégation de mathématiques et enchaîne sur un doctorat en science.

 

Découverte de la radioactivité

curie laboÀ la recherche d’un sujet de thèse, Marie s’intéresse à l’étrange rayonnement découvert par Henri Becquerel, émis par l’uranium, qu’il a appelé le rayonnement uranique. Elle commence donc à étudier ce minerai et, dans un premier temps, confirme la découverte de Becquerel. Mais elle se rend compte que d’autres minerais émettent ce même rayonnement. Elle demande de l’aide à son mari afin d’identifier ce nouvel élément qu’ils nommeront polonium, en référence à la Pologne son pays natal. 

Au lieu de rayonnement uranique, qui était une référence à l’uranium, ils vont appeler ce rayonnement la radioactivité. Et dans la foulée, ils découvriront également un nouvel élément, qu’ils appelleront le radium, qui vient de rayons, puisqu’il est un peu plus radioactif que le polonium… un million de fois plus, en fait.

Elle soutient sa thèse de doctorat en sciences physiques (142 pages tout de même) le 25 juin 1903 et obtient la mention « très honorable », ce qui correspondait à la 2ème meilleure mention possible.

Le 10 décembre 1903, Henri Becquerel ainsi que Pierre et Marie Curie reçoivent le prix Nobel. Une fois encore, elle est la première femme à recevoir un prix Nobel. Mais ça ne s’est pas fait sans mal. En effet, les archives du comité Nobel montrent que la proposition transmise par l’Académie des sciences française ne contenait que les noms d’Henri Becquerel et de Pierre Curie. Ils ont certainement pensé que Marie ne servait qu’à faire la vaisselle quand les hommes avaient fini de jouer avec leurs petites expériences chimiques. Il aura fallu l’intervention de Pierre, bien décidé à faire comprendre que sa femme était bien à l’origine des découvertes, pour que le nom de Marie soit ajouté et qu’elle le reçoive, elle aussi.

Grâce au prix Nobel et à l’argent associé, fini les problèmes financiers qu’ils avaient eu jusque-là. Malheureusement, les premiers symptômes liés à leur exposition à la radioactivité commencent à apparaître.

Cela n’empêche pas Marie de prendre quelques vacances, pour la première fois depuis très longtemps, d’autant qu’elle est enceinte de sa deuxième fille, Ève qui naitra fin 1904.

 

Disparition de Pierre Curie

En 1906, Pierre Curie, en traversant une ruelle mal éclairée, sera percuté par une voiture à cheval et ne s’en relèvera jamais. Malgré son immense chagrin, dans les années qui suivent, elle sera la première femme en France directrice d’un laboratoire universitaire, accueillant 45 femmes sans sélection sexiste, devient la première femme professeur à la Sorbonne, la première femme titulaire d’une chaire, parvient à isoler un gramme de radium sous forme de métal pur, met au point un appareil de pesé ultra précis du radium, publie le traité de radioactivité, une classification des radioéléments, trouve le temps de participer à des compétitions de natation et d’être une mère exemplaire pour ses deux filles, participe et sera la seule femme au premier Congrès Solvay, qui réunit de nombreux physiciens, tels que Max Planck ou Albert Einstein et, enfin, obtient un deuxième prix Nobel en 1911, devant la seule personne au monde (homme et femme réunis) à avoir 2 prix Nobel et dans 2 domaines différents.

Lors de son premier cours à la Sorbonne, alors que se pressaient journalistes, artistes, personnalités politiques et femmes du monde, elle déclara:

« C’est […] une grande victoire féministe que nous célébrons en ce jour. Car, si la femme est admise à donner l’enseignement supérieur aux étudiants des deux sexes, où sera désormais la prétendue supériorité de l’homme mâle ? En vérité, je vous le dis : le temps est proche où les femmes deviendront des êtres humains. »

Lors de la première guerre mondiale, afin d’aider à la guérison des blessés de guerre, elle créera avec sa fille Irène, les “petites curies”, des camionnettes qui permettent de faire des radios des blessés afin de les opérer plus précisément, plutôt que de couper les jambes comme des bourrins. Elle formera une cinquantaine de manipulatrices en radiologie.

 voiture

Elle continuera ses recherches, les déplacements officiels, les rencontres, les cours jusqu’au bout et décèdera presque aveugle le 4 juillet 1934, à 66 ans, d’une leucémie causée par le radium.

 

Héritage d’une super héroïne féministe

La découverte de nouveaux éléments et d’un nouveau type de rayonnement ont permis la naissance de l’institut du radium (qui se renommera plus tard l’institut Curie) qui est consacré à la recherche contre le cancer de la peau grâce à la radiothérapie.

Toute une vie dédiée à la science, à se battre contre les hommes qui ne la considéraient par comme égale, ont fait de Marie Curie une femme féministe au palmarès extraordinaire et à la détermination sans pareil.

Le 20 avril 1995, comme seul et unique signe de reconnaissance de la France, son pays d’adoption, ses cendres ont été transférées au Panthéon pour son mérite propre, devenant pour la toute dernière fois… la première femme à recevoir cet honneur.

tombe

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Super Marmotte Volante

Super Marmotte Volante

Promis demain je trouverai une meilleure description.

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