Il était une chanson…. The First, The Last, My Everything

Il était une chanson…

You’re the First, the Last, my Eveything – Barry White

 

Genèse du Bar(r)yton

 

Barrence Eugène White – Carter est né le 19 Septembre 1944 à Galveston au Texas.

Son père, Melvin White, manutentionnaire volage, quitte la maison six moix plus tard le laissant alors seul avec sa mère, Sadie Marie Carter. Cette dernière, professeure de piano, élève Barry (comme il est rapidement surnommé) dans et à travers la musique. Elle lui apprend à s’harmoniser dès l’âge de 4 ans sur sa comptine préférée : Silent Night.

Malgré cette exposition précoce à la musique, il n’apprendra cependant jamais à lire ou écrire la musique, le solfège. Ça ne l’empêchera pas de savoir jouer du piano, à un très bon niveau, et à l’âge de 11 ans, il fait son premier enregistrement pour jouer de l’instrument sur le tube Goodnight my love de Jesse Belvin. Il fait également des chœurs de ci, de là bien qu’il ne soit pas vraiment attiré par le chant.

Mais un beau matin, Barry se réveille avec une drôle de sensation dans la gorge et la poitrine, comme des vibrations. Pris de hoquet, terrifié, il appelle sa mère et se rend compte que sa voix est… différente, oscillant entre celle de l’enfance et une beaucoup (beaucoup) plus grave. Il muait.

Soulagé d’apprendre que c’était “normal”, qu’il “grandissait”, il va quand même, du haut de ses 13 ans, beaucoup complexer de cette voix et renoncer à toute idée de chant…

 

barry

 

 

“Jailhouse Rock”

Barrence a un demi-frère, Darryl, d’un peu plus d’un an son cadet. Ils sont inséparables pour le meilleur mais aussi le pire. Il est son double plus sombre, sa mauvaise conscience, l’exemple à ne pas suivre…

Lorsque Barry découvrait les studios d’enregistrement, Darryl côtoyait les maisons de correction. Ce dernier fait aussi partie d’un gang dans un des quartiers les plus malfamés de Los Angeles et Barry finit par se détourner du monde de la musique pour celui de la rue. Son nouveau quotidien : petite délinquance, cambriolage d’appartements, vols de voiture et rackets…

Jusqu’à ce qu’en 1960, à l’aube de ses 17 ans, Barrence White se retrouve condamné à 7 mois de prison, dont 4 fermes pour le vol de 300 pneus dans un concessionnaire Cadillac. C’est dans sa cellule de prison pour mineur qu’il va être rappelé à l’ordre par ses premiers rêves… Un véritable déclic se produit lorsqu’il entend à la radio It’s Now or Never du “King” Elvis Presley. C’est en fredonnant sur cette chanson qu’il apprend à faire quelque chose de sa voix un peu encombrante et qu’il réalise la mauvaise tournure qu’avait pris sa vie et l’absurdité de la situation.

C’était décidé ! Une fois sorti, il reprendrait sa vie en main et la consacrerait à la musique.

Il le savait, c’était “maintenant ou jamais”…

 

Nouveau départ

Barry va chercher à gagner sa vie honnêtement. Avec sa stature d’homme fort (1 m 92 pour une centaine de kilos) il n’a aucun mal à se faire embaucher sur les chantiers de construction ou comme manutentionnaire. Il multipliera les petits boulots en vendant aussi des jouets dans une boutique et en livrant des journaux pour subvenir au besoin de sa famille. (Il épousa Mary, sa petite amie du lycée avec laquelle il eut deux enfants).

Côté musique, il est d’abord engagé comme chercheur de talents par le label Keen Records. Il passe la majorité de ses années 60 à anticiper le succès des autres tout en écrivant quelques chansons pour des artistes et groupes de Rock tels que The Bobby Fuller Four ou Bob & Earl.

Il va connaître ses premiers véritables succès en créant un trio féminin qu’il baptise Love Unlimited censé concurrencer The Supremes de chez Motown. Les chanteuses du groupe affinent leur talent sous la houlette de White qui va écrire et composer leur premier tube en 71, la chanson qui deviendra un grand classique de la Soul : Walking in the rain.

 

barry groupe

 

“This is the vooiiiice”

 

Dans cette même période, le label se met à la recherche d’une nouvelle voix masculine, et après avoir entendu celle de White sur les chœurs de Love Unlimited, va suggérer qu’il devienne leur nouveau chanteur. Barry, d’abord hésitant, va finalement accepter sous les encouragements de Larry Nunes et en 1973, sort son premier premier album solo I’ve Got so much to give.

Le monde entier découvre alors la mythique voix de velours de Barry White et semble tomber sous le charme car l’album finira meilleure vente R’n’B de l’année, et troisième toutes catégories, rien que ça !

Ce succès sera double avec la sortie de Love’s Theme du Love Unlimited Orchestra qui atteint la tête des classements Pop. Un des rares morceaux instrumentaux (de mémoire, deux) à avoir atteint cette place dans l’histoire de l’industrie musicale, et est probablement le premier succès de l’ère Disco à venir.

 

“Le Maestro de l’amour”…

 

Comme le surnommera la presse spécialisée – associant alors ses talents d’instrumentiste, d’arrangeur et de chanteur à celui de son répertoire dont le thème est disons… récurrent – est l’homme d’un autre record avec celui de 21 albums produits en seulement 3 ans (1973 / 76).

Cependant la consécration, sinon la reconnaissance, mettra du temps à arriver.. Une petite vingtaine d’années…

Ses tubes s’espaceront à la fin des années 70, en même temps que l’essoufflement de la mode du Disco; puis les années 80 seront synonymes de passage à vide pour l’artiste. Littéralement, car il traversera une profonde dépression après le décès de son frère Darryl, en 1983, assassiné peu de temps après avoir été libéré de prison.

Qu’elles que soient nos préférences musicales, si nous avons tous un petit faible (on est entre nous, hein) pour Barry White, c’est aussi pour son omniprésence dans la culture populaire. Particulièrement dans les années 90/2000 ! Que ce soit dans les Simpson, South Park (car même s’il a refusé de le doubler à cause du ton corrosif de la série, le personnage de “Chef” est bien un hommage à l’artiste); ses chansons sont utilisées dans de nombreux jeux vidéos de danse, films et séries dans lesquels il apparaîtra même à l’occasion…

Je pense à une série en particulier : Ally McBeal qui sera celle qui redonnera un second souffle à la carrière du chanteur en utilisant son titre le plus emblématique, comme un gimmick, en l’associant de façon originale et intelligente à l’un de ses protagonistes.

La chanson en question ?

Accordez basse et violons ! Faites chauffer Dancefloor et boules à facettes…

 

barry

 

You’re the First, the Last, my Everything

 

À l’origine, cette chanson a été écrite à la fin des années 50 par un certain Peter Sterling Radcliffe. Elle était composée comme une chanson Country (avec des claquements de sabots de chevaux pour accompagner le rythme) et s’intitulait : “The first, the last, my in-between”.

Sterling et White sont devenus amis à l’époque où ce dernier, en grande difficulté financière, vendait des jouets. Sterling lui en prit une grande quantité pour le noël à venir, ce qui permis alors à White d’en faire un à ses enfants.

Barry n’oublia jamais ce geste…

Et lorsque, quelques années plus tard, en 74, la situation s’est inversée et que Sterling se présente à la nouvelle star Barry White en lui demandant de faire quelque chose de cette chanson, il n’hésite pas une seule seconde.

Barry va la remettre au goût du jour, enfin… À la mode disco. Il conserve une grande partie de la mélodie et respecte les changements d’accords sur les nouveaux instruments utilisés mais va quelque peu changer les paroles et lors de l’enregistrement, il va instinctivement remplacer le “in-between” par “my eveything”.

Il signe aussi une des plus célèbres intros de l’histoire de la musique avec cette façon de susurrer ses premiers vers comme s’il s’adressait directement à la gente féminine, ce qui deviendra sa marque de fabrique.

La chanson sera un immense succès en 74, se classant en tête des Charts mais sera aussi celle qui permettra (grâce à Ally McBeal, donc) à Barry White d’obtenir enfin (!) une récompense avec un Grammy d’honneur pour toute sa carrière en 1999, juste quatre petites années avant de nous quitter…

 

Et pour l’heure…

Et bien…

“We got it together didn’t we ?”

 

Il était une chanson…

You’re The First, The Last, My Everything – Barry White

 

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Brice

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