Ma flemme m’a tuer

J’ai la flemme, t’as la flemme, tout le monde a la flemme. Véritable fléau de nos vies surbookées, cette grande paresse nous semble une solution vaine lorsque l’on trouve la moindre trace de liberté (temps) au milieu de la pression du quotidien. Et franchement, ça fait vraiment du bien parfois de se laisser aller. Et quel est notre meilleur allié quand on a envie de ne rien faire ? Notre smartphone, bien évidemment. Et ses réseaux sociaux, forcément. Que l’on ait trente secondes, trois minutes ou une heure devant nous, le scroll est une magnifique machine à flemme, vous ne trouvez pas ? Jusqu’à en abuser ?

flemme & chill

Le temps c’est de l’argent

Je ne vais pas vous faire un dessin, mais globalement l’origine des réseaux ayant un but social s’est plutôt transformé en un intérêt financier. Même s’ils tentent de nous faire croire que non. Tous ces réseaux sociaux (qu’on ne pourrait même plus compter sur les doigts d’une main maintenant) sont globalement gratuits à l’inscription. Leur rémunération se fait grâce à nos données qu’ils récupèrent et revendent pour nous ressortir de belles publicités à même de nous faire consommer. Plus ils récupèrent de données, plus ils gagnent. La manière la plus simple de récupérer le plus de données, c’est qu’on y passe le plus de temps à leur en créer. Leur argent, c’est notre temps ! Alors il faut qu’ils se débrouillent pour qu’on y reste le plus longtemps possible. Pour ça, ils ont de sacrés stratagèmes. On peut en découvrir une bonne partie dans le documentaire Netflix « Derrière nos écrans de fumée », je ne vais pas vous le cacher, c’est un peu flippant.

Netflix - Derrière nos écrans de fumée

 

Bref, tout ça pour dire que nos intérêts à nous, ils s’en soucient guère, alors que les impacts de nos usages des réseaux sociaux peuvent être vraiment néfastes.

 

Zombie 2.0

Les réseaux sociaux font partie intégrante de nos vies, de ma vie. J’y passais vraiment beaucoup de temps. Pourquoi essayer de faire quelque chose alors qu’il est tellement facile de s’affaler dans son canapé et de regarder des vidéos d’un mec qui fabrique un vase en ciment ? J’en étais rendu à ce point, réellement. Plus on ne fait rien et plus on a envie de ne rien faire. Ma flemme était devenue ma normalité, les réseaux sociaux ma principale activité. J’étais formaté pour être le parfait petit créateur de données. Un peu comme un Alex dans Orange Mécanique, j’étais parfaitement soumis aux joutes des tout-puissants Zuckerberg et compagnie.

Alex - Orange Mécanique

Alex (Malcolm McDowell) dans le film Orange Mécanique de Stanley Kubrick (1971)

Je dresse là un bilan un peu critique, mais c’est parce que dans cette affaire, il n’était pas question que de temps (perdu). Tel un zombie 2.0, j’errais jusqu’à me retrouver aspiré par mon canapé (même si j’en ressortais parfois pour aller chercher mon chargeur). J’avais perdu l’énergie, l’envie, la réflexion, la créativité. Je sentais bien que mon esprit n’était plus en mesure de créer, plus autant capable de réfléchir. La seule note positive là-dedans, c’est que j’avais conscience de mon addiction (puisque s’en est bien une), donc j’avais la possibilité d’agir.

 

Ma flemme m’avait tué, mais j’ai survécu.

Pour dire vrai, j’adore les réseaux sociaux. Ils ont la possibilité de tellement nous offrir. Ils peuvent nous permettre de rencontrer des gens, découvrir des talents, lire des points de vue, promouvoir ses projets, s’intéresser à la diversité. Je n’avais donc aucune envie de me priver de ça. Pour contrôler mon addiction, j’ai commencé par contrôler le temps que j’y passais, et à me limiter. Ce n’était pas suffisant. J’ai cherché à m’interroger sur mon utilisation, ce qui me plaisait, ce qui m’était indifférent. J’ai remarqué qu’une bonne partie des posts que je voyais ne m’intéressaient absolument pas, qu’ils n’étaient là que pour nourrir un fil infini d’inutilités. J’ai essayé de trier, me désabonner de ce qui ne me m’intéressait pas (ou plus) : moins de contenu, plus de qualité. Sur la plupart des réseaux, ça fonctionne. Sur un seul, ça ne l’a pas fait. En fait, les algorithmes sont bien plus malsains qu’on ne pourrait le croire. Je n’avais plus le contrôle du contenu, l’algorithme gérait tout, et pas pour mon intérêt. Le négatif de ce réseau l’avait emporté sur le positif. J’ai donc choisi d’être radical (un peu aidé après avoir vu le documentaire Netflix), et j’ai désinstallé l’application. Je suis maintenant toujours accro aux réseaux sociaux, mais j’en ai une utilisation plus saine, maîtrisée.

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Je me suis donc retrouvé avec un peu de temps, que je ne savais plus occuper, et je me suis un peu ennuyé. L’ennui, c’est génial. Avec l’ennui, vous réfléchissez, pas seulement à ce que vous allez pouvoir faire, mais à vous-même, ce que vous aimez, ce que vous voulez pour vous-même. Vous prenez le temps, un calme intérieur. Puis vous vous mettez à rêver, à vous projeter. Vous avez retrouvé de l’énergie. Vous avez envie de faire mille choses. Mille choses ? Vraiment ?! Woowowo, doucement ! Faudrait pas abuser non plus, mille choses ça fait beaucoup, j’ai la flemme.

 

 

 

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Julch

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