Il était une chanson… Lou Reed : du côté sauvage au succès

Il était une chanson…

Walk on the Wild Side – Lou Reed

 

Lou Reed

 

 

Le 8 Novembre 1972 est sorti un album majeur de ce que l’on appelle communément le Glam Rock. Mais ce serait réducteur de le catégoriser, tant il est incroyable !

En Novembre 1972 est sorti, si vous le permettez, donc, un des albums les plus importants de l’histoire de la musique :

Transformer.

Produit par un certain David Bowie. Écrit, composé et interprété par :

 

Lou Reed

Lewis Allan Reed, de son vrai nom, est né le 2 Mars 1942 à Brooklyn, New York.

Il était le guitariste, chanteur et auteur-compositeur principal du groupe Velvet Underground mais je n’en parlerai pas ici aujourd’hui car ce groupe mérite un article à part entière.

Derrière la voix distinctive de Reed, impassible, ses paroles poétiques, souvent transgressives et son jeu de guitare… Une personnalité complexe et ce depuis sa “tendre” enfance. Sa scolarité est délicate notamment à cause de sa dyslexie et il est renvoyé du collège dès la première année pour cause de dépression nerveuse.

Selon sa propre soeur, Merrill (née Margaret Reed) :

[…] Lewis possédait un tempérament fragile. À l’adolescence il est devenu socialement maladroit et s’est mis à souffrir de crises de panique […]

Pour se sortir de ces moments difficiles, il se concentre sur ce qu’il aime le plus, principalement la musique. Développant un intérêt précoce pour le Rock’n’roll ainsi que le Rythm’n’blues, il apprend à jouer de la guitare et se met à jouer dans différents groupes dès le lycée.

 

“Du Potentiel…”

Mais son amour pour la musique et sa volonté de faire des concerts commencent à créer des confrontations avec ses parents. Déjà anxieux à cause de ses troubles et globalement peu accommodants, ils vont, sous l’avis du psychologue qui le suit, et face au peu de résultats obtenus par les médicaments jusque là, consentir à un autre traitement à la mode :

L’ électroconvulsivothérapie.

Durant l’été 1958, alors à peine âgé de 17 ans, Lou Reed subira 24 séances du fameux traitement par électrochocs. Il en gardera – on peut comprendre – une certaine rancune et témoignera de cette douloureuse expérience qui aura laissé, entres autres séquelles, des troubles de la mémoire, dans sa chanson “Kill your sons“. (1974)

Plus tard, sa soeur, toujours, démentira les rumeurs persistantes selon lesquelles ses parents auraient affligé ce traitement à Lou afin de “stopper ses pulsions homosexuelles”.

 

lou reed

 

Passion et addictions

Après sa “guérison”, Lewis reprend ses études en 1960, étudiant le journalisme et l’audiovisuel jusqu’à être renvoyé de tout projet pour… avoir tenu une arme (déchargée, mais quand même) sur son supérieur.

En 1961, il anime une émission de fin de soirée sur la radio WAER. Le programme comportait principalement du Rythm’n’Blues et du Jazz. Il sort, malgré l’incident du pistolet, diplômé en littérature Anglaise du Collège des arts et des sciences de Syracuse en 1964.

Durant ces années, c’est sa rencontre avec le poète et professeur de littérature Delmore Schwartz qui va être déterminante pour Reed. Si cette influence va lui ouvrir les portes de la poésie et de la littérature, lui permettant d’approfondir ses textes, elle va aussi lui faire franchir un plus grand pas dans ses addictions : la drogue et l’alcool. Réputé, aussi, pour sa consommation d’héroïne, Schwartz va y initier Reed et ce n’est pas une hépatite contractée lors de ses premières injections intraveineuses qui va le dissuader.

C’est dans ce contexte, qu’il va se mettre à fréquenter de plus en plus le monde de la nuit et lancer l’aventure Velvet Underground en 1965, qui ira jusqu’en 1971.

 

Le “Starman” salvateur

Lou Reed quitte le Velvet en 1970. Abattu par les échecs systématiques, fauché et se sentant humilié, il retourne chez ses parents, déménagés à Long Island, et accepte l’emploi de dactylographe dans le cabinet de comptabilité fiscale tenu par son père.

L’année suivante, il signe un contrat avec RCA Records et enregistre son premier album solo à Londres, accompagné par Steve Howe et Rick Wakeman du groupe Yes. L’album intitulé Lou Reed, bien que contenant quelques inédits du Velvet, fera de très mauvaises ventes en plus d’être négligé, voir snobé, par les critiques musicaux.

De quoi le faire sombrer un peu plus…

Au début des années 70 David Bowie est en surrégime, travaillant autant sur ses albums que pour d’autres artistes et notamment Iggy Pop, Il va se rendre à New-York afin de rencontrer celui qui fait partie de ses idoles et lui proposer ses services. Bowie va s’accompagner de Mike Ronson pour le projet et les voilà tous trois repartis pour Londres en décembre 71.

 

lou reed

 

Deux hommes, une idole

La fascination réciproque entre les deux hommes va permettre à Reed de sortir de sa coquille… Peut-être même un peu trop car l’enregistrement ne sera pas de tout repos :

Si le duo (on a même prêté une liaison entre les deux hommes, bisexuels) va faire des studios Trident, une pantomime créative, il va y avoir de nombreux heurts entre ses deux égos : Reed en prise avec l’alcool et des crises d’angoisses va souvent péter les plombs, à en venir aux mains avec un Bowie peu avare en piques…

Mais tel a été le prix pour faire naître cet album contenant : Vicious, Satellite of Love, le magnifique Perfect Day (Si, si magnifique, cliquez !)

Et, donc, la chanson qui sera à jamais le plus gros succès de Lou Reed…

 

Walk on the Wilde Side

La chanson s’ouvre sur un ambiance feutrée, au son d’une des lignes de basse les plus célèbres de l’histoire de la musique.

On la doit à Herbie Flowers, qui a eu l’ingéniosité d’une double ligne imbriquée, jouée à la contrebasse et à la basse électrique.

Puis vient la guitare sèche jouée par David Bowie en personne, jusqu’à ce que la voix de Reed se fasse entendre pour venir nous parler de… prostituées, travestis, drogue et sexe.

En effet, si le titre de la chanson se traduit par : “Fais un pas du côte sauvage“, “Sors des sentiers battus“; elle se traduit aussi, en contexte, par le fameux : “Tu montes, chéri(e) ?” ;

Chaque couplet évoque un personnage :

Holly, Candy, Jackie, Little Joe et Sugar Plum Fairy – Je laisserai le soin à chacun de (re) découvrir les petites histoires des protagonistes supposément inspirés d’acteurs et actrices existants que Reed a pu côtoyer.

Le tout, bercé par le chœur des “filles de couleur“, (dans lequel on retrouve aussi Bowie) tout en onomatopées “Doo-Doo-Doop…”

Nous voici donc avec une vraie fable dans un monde interlope et c’était une première dans l’univers de la musique !

La chanson, à la surprise générale, dont celle des intéressés, n’a pas été censurée. Sans doute que le côté Jazzy y a contribué, comme une diversion, et que les censeurs se soient retrouvés coincés par le vocabulaire utilisé par Lou Reed qui venait promener la marge en tête des Hit-Parade…

Je commence les premières lignes de mon prochain article au son du saxophone de Ronnie Ross et vous donne alors rendez-vous très vite pour vous parler du Velvet Underground

 

Mais pour l’heure, il était un classique intemporel, douceur amère, que je vous invite à savourer avec moi, comme je vous invite à (re) découvrir tout cet incroyable album !

 

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Walk on the Wilde Side – Lou Reed

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Brice

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