Machao : des créations uniques qui recyclent votre intérieur

Un jour, j’ai cliqué sur une publication Facebook

Affalée dans mon canap’ en sirotant mon thé, je songeais à une idée de sujet d’article pour votre magazine préféré, quand mes yeux se sont posés sur ce magnifique pouf géant que j’avais acheté sur un coup de tête, en cliquant sur une publication Facebook.

pouf
Il est beau mon pouf, HEIN ?

Depuis que j’ai acheté ce pouf pour lequel j’ai complètement craqué (moi qui ne fais absolument jamais d’achat impulsif- mais il y avait « fait main », « création maison » et « rembourrage écologique » dans la publication, évidemment), j’avais suivi la page de la créatrice, Machao, qui vit et travaille à Bruxelles.

Au fur et à mesure du temps, j’ai vu son activité grandir, j’en ai fait la pub auprès de personnes de ma famille (spécialisées dans la récup et la déco) qui ont totalement adhéré à la démarche (et qui apportent à Machao des fauteuils, des chaises, des trucs pour lesquels je n’aurais même pas un regard, et qui reviennent métamorphosés).

chaise
Comment une chaise moche à la base devient jolie. Un genre de happy end.

L’idée d’un article sur Machao a donc fait son chemin à l’intérieur du cerveau d’une personne qui, à part quelques cadres photos et un pouf coloré, n’a absolument aucun regard déco sur absolument rien (ne m’emmenez jamais dans une brocante, je m’y ennuie ferme, je ne vois qu’un tas de trucs sans intérêt), mais qui a tout de même une certaine idée du beau et du talent créatif.

Derrière Machao se cache Myriam, une créatrice artisane bourrée d’énergie et d’idées.

myriam

Au début était un canapé

« L’histoire Machao germe distraitement à l’hiver 2018, dans les tripes d’un canapé miteux qu’elle ne peut se résoudre à jeter. À cette époque, Myriam attend aussi son second garçon. Discrète autodidacte, amatrice de couture, de peinture. Racines berbères, ascendant néo-louvaniste, zinneke de confession. Après avoir mis son énergie et ses idées au service du développement commercial chez Atrium, elle retourne à ses premières amours dans un bachelier universitaire d’Histoire de l’Art. Elle s’enrichit ensuite d’expériences diverses dans le culturel et l’associatif. À sa plus grande surprise, la nouvelle vie du canapé attise les curiosités… De fil en aiguille et de commande en commande, le projet Machao est lancé. »

(Source : https://machao.design/2020/11/28/le-vieux-canap/)

Myriam a donc touché à des tas de choses avant de se lancer. Pour sa première œuvre, le canapé, donc, elle a tout démonté en prenant des photos à chaque étape. Depuis, cette façon de démanteler l’ancien et de reconstruire en neuf en prenant des photos, est une méthodologie définitivement acquise.  Pour le reste, elle s’est formée avec des tutos Youtube, et une bonne dose d’intuition.

Elle commence à créer et à répondre à des commandes dans son appartement bruxellois.

Mais très vite, tout s’emballe, et l’appartement devient beaucoup trop petit pour accueillir les 25 chaises qu’elle a récupérées d’un cirque qui s’en débarrassait (une occasion en OR, évidemment !), ou encore l’énorme fauteuil qu’on lui a demandé de garnir. Il faut convenir de moments précis pour travailler (clouer, par exemple) sans se mettre tous les voisins à dos.

chaise chaise 2chaise 3

Aujourd’hui, non seulement Myriam a acquis plus d’expérience en autodidacte, mais elle a aussi son propre atelier en plein centre de Bruxelles (rue des Tanneurs, pour ceux qui connaissent). Elle peut enfin travailler en paix, et depuis avril 2021, elle a décidé de quitter son mi-temps de salariée et de se lancer en tant qu’indépendante. Un grand pas, qui n’a pas été facile à faire. Il s’agissait de sauter dans le vide, sans véritable préparation.

Parce que si le savoir-faire et la passion sont des évidences, devenir chef d’entreprise demande d’autres compétences : la gestion comptable, la communication, l’estimation du temps de travail, savoir dire « non » à des objets qui n’emballent pas, l’organisation du travail pour rester dans des délais corrects, le respect de ces délais, etc.

Mais, au fait. Et ça veut dire quoi, Machao ?

C’est une expression issue d’un conte berbère de Kabilie que Myriam lisait quand elle était petite. C’est la formule magique ouvre les portes de l’imaginaire, notre « Il était une fois » à nous.

Textuellement, cela veut dire : « Que mon histoire soit contée comme une ceinture très bien tissée ».

C’est artisanal, donc c’est cher ?

La définition d’un prix correct a fait également l’objet d’un apprentissage. Évaluer les heures, les prix du tissus, et le ratio pour en vivre.

Personnellement, quand on voit les heures et le travail passés sur un objet, je trouve que cela reste très (trop ?) bon marché par rapport à ce que proposent d’autres artisans.

Mais tout comme le beau et le laid, le cher ou pas cher est un concept très subjectif. Vous vous ferez votre propre idée en consultant la galerie de Machao.

Machao vend à son atelier, rue des Tanneurs à Bruxelles, mais aussi en ligne !

Dernièrement, la boutique éco-responsable Orybany propose aussi ses créations.

Des motifs et des couleurs !

Machao redonne vie aux trésors enfouis dans les greniers. Dans une optique zéro déchet, on fait du neuf avec du vieux, on désencombre les pièces mortes et on remeuble notre quotidien. Tout est fait à la main, avec beaucoup d’amour, mais surtout avec des couleurs et des motifs. C’est ce qui fait son originalité et donne du mouvement, de l’énergie.

canapé
Un vieux canapé totalement réhabilité à la mode Machao

Myriam mélange beaucoup les tissus et les matières. Elle choisit ces derniers selon plusieurs critères : ses coups de cœurs, bien sûr, mais aussi l’éthique qu’il y a derrière (elle travaille avec le label Oeko-Tex par exemple). Plusieurs fournisseurs contribuent à son inspiration : le fournisseur belge de la Maison Thovenon, Waxiso, Les tissus du Chien vert, et dernièrement elle a déniché une Bruxelloise qui fait ses propres teintures de tissus avec des matières entièrement naturelles : ToutCooleur.

Machao est donc également un univers de découvertes et de collaboration. L’idée, c’est d’arriver à travailler avec des designers textiles 100% belges, et surtout de travailler en équipe. Mais une chose à la fois !

Dernièrement, Myriam propose également des ateliers « Madeyourself » : soit elle propose de réhabiliter un objet qu’elle choisit, soit les gens peuvent venir eux-mêmes avec l’objet de leur choix.

Pourquoi ça marche ?

Même si l’industrialisation à outrance a encore de beaux jours devant elle, de plus en plus de personnes ont envie de consommer autrement. Ikéa, c’est pratique et c’est pas cher, mais tout le monde a le même intérieur ! La recherche d’un artisan créateur, c’est l’assurance d’avoir des pièces uniques. D’ailleurs, même s’il serait probablement plus rentable de refaire les mêmes produits qui fonctionnent (certaines chaises, par exemple, ont beaucoup de succès) à plus grande échelle, cela n’arrivera pas : la création avant tout. La satisfaction professionnelle, selon Myriam, c’est de penser à de nouvelles choses à chaque fois.  Et la satisfaction professionnelle passera toujours avant la recherche de rentabilité.

Quand on lui confie un objet, Myriam tient compte de la charge émotionnelle qu’il contient. Parfois, cela lui fait peur, de démanteler complètement un fauteuil ayant appartenu à une famille pendant plusieurs générations. Surtout que certains sont dans de piteux états.

Mais quand on voit le résultat, on comprend que cela en vaut la peine, non ?

fauteuil fauteuil 2 fauteuil 3

 

Tout sur Machao: galeries, contacts, commandes

Facebook 

Instagram

 

 

 

 

 

 

44100cookie-checkMachao : des créations uniques qui recyclent votre intérieur
Partager cet article via :
Belge&Brune

Belge&Brune

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Back to top