I Love Rock’n’Roll, et vous ?

Il était une chanson…

I love Rock n’ Roll – Joan Jett and The Blackhearts

 

 

groupe

 

Seulement du Rock ?

À l’origine, I love Rock ‘n’ Roll est composée et enregistrée en 1975 par Allan Merril et Jake Hooker du groupe The Arrows. Merril avait écrit la chanson comme une réponse instinctive (et sarcastique) à la chanson It’s Only Rock ‘N’ Roll des Rolling Stones qui faisaient, selon lui, du Rock pour aristocrates, loin de la définition initiale du terme :

“J’avais rencontré Mick Jagger à quelques reprises et je savais qu’il fréquentait le Prince Rupert Lowenstein et des jet-setters, des gens comme ça… J’avais presque l’impression que sa chanson était une excuse pour les princes et princesses avec lesquels il traînait.”

La chanson eut un certain succès grâce, notamment, à l’émission télévisée “The Arrows Show” diffusée en 76 au Royaume-Uni mais loin de celui escompté; et elle semblait destinée à finir aux oubliettes. Cependant, lors de cette même année, le groupe The Runaways était en tournée en Angleterre et sa guitariste, assistant au show allait se montrer désireuse de (re) donner à cette chanson ses lettres de noblesses…

 

Joan Marie Larkin

De son vrai nom, est née le 22 Septembre 1958 à Wynewood, une banlieue de Philadelphie. Elle aime le Rock, beaucoup, et se voit offrir par ses parents une guitare pour son 13ème anniversaire. La petite famille (Joan est l’aînée de 3 enfants) va s’installer à Los Angeles et en 1975, à l’âge de 17 ans, Joan Larkin – alors devenu Jett après le divorce de ses parents – va fonder The Runaways aux côtés de la batteuse Sandy West.

En 1976, c’est elle qui compose le single Cherry Bomb qui deviendra leur titre le plus emblématique.

 

cherry bomb

 

Les pionnières du Rock au Féminin

The Runaways est un des premiers groupe de Rock 100% féminin : Cherie Currie au chant, Joan Jett à la guitare rythmique, Lita Ford en soliste, Sandy Wauters à la batterie et Jackie Fox à la basse.

Bien que, pour la petite histoire : sur le premier album éponyme du groupe ce soit Nigel Harrison, futur bassiste de Blondie, qui enregistre la basse, remplaçant au pied levé Micki Steele (1ère bassiste) qui allait rejoindre les Bangles, avant que Jackie prenne place.

L’autre fait notable est que le quintet est encore mineur. Elles ont toutes entre 16 et 17 ans à la création du groupe. Les “fugueuses” allaitent squatter la scène rock avec pas moins de quatre albums en autant d’années d’existence et connaîtront un franc succès partout dans le monde. Le groupe a, cependant, de nombreuses divergences surtout sur le plan musical, Joan souhaitait aller vers le Punk, tandis que les autres préféraient virer au Glam / Heavy. Le groupe finira par se séparer en Avril 79 après d’autres déboires, incompatibilités d’humeur et jeux de chaise musicale.

 

” I Love Rock ‘n’ Roll”

En 79, à l’aube de sa carrière solo, Joan enregistre une première version de I Love Rock ‘n’ Roll avec Paul Cook et Steve Jones, respectivement batteur et guitariste des Sex Pistols. (Cliquez sur le titre si vous ne la connaissez pas, elle vaut le coup d’oreille).

Bien que sortie en face B du single You Don’t Own Me, elle ne paraît pas sur l’album Bad Reputation et passe inaperçue. Malgré les chiffres honorables de ce premier album, Jett ne parvient pas à décrocher de gros contrats et décide alors, avec son nouveau producteur Kenny Laguna, de créer leur propre label : Blackheart Records. Elle va se mettre à la recherche de musiciens tout en tenant la tête d’affiche cette fois :

Joan Jett and The Blackhearts est né.

Croyant dur comme fer au potentiel de la chanson des Arrows, elle va réitérer et cette fois… Jackpot ! Enfin, Jukebox…

 

“Put another dime in the jukebox, baby !”

Si le riff de guitare, imparable, et la construction de la chanson reste inchangés : les couplets racontent l’histoire de deux personnes qui flirtent dans un bar tandis que fameux refrain symbolise la chanson “préférée” du chanteur qui passe dans le jukebox.

Toute la subtilité, si je peux dire, vient du parti-pris rentre dedans dans l’interprétation de Joan et notamment la drague ouverte du personnage déployant, femme, ce que l’on attribuait ordinairement aux hommes. Balayé le côté goguenard des Arrows, des connotations sourires en coin, pour faire du brut, de l’explicite et ce sans pourtant toucher aux paroles originales.

 

rock

 

Alors, c’est qui le sexe fort !?

Joan Jett et les Blackhearts vont savoir insuffler à cette chanson ce qui faisait (ironiquement) défaut dans la version originale : Un vrai esprit Rock ! Joan, badass à souhait, ne vient pas juste clamer qu’elle aime le Rock. Elle est Rock ! Et c’est finalement “tout” ce qu’il manquait à cette chanson pour être un succès.

Si tant est qu’il leur eu fallu un coup de pouce supplémentaire, la chaîne MTV est lancée juste quelques semaines plus tôt et le clip va faire office de fer de lance. Filmé en noir et blanc, il donne un côté rétro que Joan adorait. Même si, pour l’anecdote, c’est plus qu’elle détestait la combinaison en cuir rouge qu’elle y porte en réalité.

A noter la mise en abîme avec sa chanson Bad Reputation qu’on entend sortir du Jukebox avant qu’elle ne fasse irruption dans le bar. Après ça, on pourrait même dire que l’interprétation des Arrows, censée chambrer les Stones, est un peu l’hôpital qui se fout de la charité (je vous mets le lien en fin d’article).

Là, on porte du cuir, des jeans troués, on fait une gueule de six mètres de long, ça sent la bière tiède et surtout on a envie de chanter (ou crier) avec eux : I love Rock’n’Roll !

Et c’est d’ailleurs, précisément, ce que je vous invite à faire pour l’heure…

 

Il était une chanson :

I love Rock’n’Roll – Joan Jett and The Blackhearts

 

Version The Arrows

 

 

 

 

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Brice

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