Doit-on continuer à se présenter par nos professions ?

Tu fais quoi dans la vie ? C’est la question simple que l’on a tous déjà posé à quelqu’un que l’on ne connait pas ou peu, afin de lancer la discussion. Suffisamment intéressé sans être trop personnel, le travail est un sujet simple à placer pour mieux connaitre les gens. Entre fierté et réussite professionnelle, il peut être valorisé pour faire valoir sa personne, pour flatter. Sauf que ce n’est pas le souhait de tout le monde. Tout le monde ne souhaite pas s’étaler sur son boulot : par gêne, par honte, parce que ça ne semble pas pertinent, ou parce que ce n’est pas notre travail qui présente le mieux qui on est. Pourtant, on se résigne à le faire, par simplicité, par habitude.

 

 

 

La fierté

Juillet 2017. Je viens de finaliser mon cursus, et viens donc d’être diplômé de mes études supérieures. Pour mes parents, c’est la consécration. Ils sont fiers et vont pouvoir aller le crier sur tous les toits. Pour moi, ce n’est rien. Juste un bout de papier sur lequel est écrit « Diplôme ». Au final, ce papier ne m’importe que peu, c’est tout le travail depuis les dernières années qui compte vraiment, c’est ça qui m’aidera pour la suite. Mais bon, on aime bien sacraliser les bouts de papiers. Ma mère me dit d’aller annoncer cette nouvelle à famille et amis. Je n’en ai pas envie, je ne souhaite pas afficher ce succès, recevoir pleins de félicitations, comme si ce papier m’assurait une réussite professionnelle. Puisque la question est bien là, diplôme rime avec réussite, soyez fiers de l’annoncer, pour mieux rabaisser ceux qui en ont moins ou pas ?

Globalement, je n’aime pas trop les cases. Pourtant, un diplôme, un métier, nous range dans une case, celle du statut social. Le parallèle est rapide, et pourtant bien réel. Ce qui peut forcément créer des malaises, des gênes. C’est ainsi qu’on peut avoir honte de parler de son métier. Parce qu’on ne le considère pas valorisant, par exemple. Mais ça peut être l’inverse. Une collègue m’a raconté qu’elle ne se sentait pas à l’aise de parler de son poste de cadre dans son cercle familial, auprès de voisins, amis de ses parents, parce que ce n’est pas habituel dans son milieu d’avoir ce genre de poste.

Tel est l’état du statut social, et la réussite professionnelle qu’on semble lui accorder.

 

La réussite professionnelle

le loup de wall street

Léonardo di Caprio dans Le Loup de Wall Street

Le niveau de qualification, le poste occupé, le parcours, le chiffre inscrit en bas de la fiche de paie, c’est à ça qu’on définit la réussite professionnelle. C’est ce qui permettra de nous placer sur la belle échelle du statut social, absolument proportionnelle à la réussite professionnelle. Foutaises. Il est certain qu’on ne fait pas tous le métier que l’on aurait souhaité faire. Certains y vont à reculons, juste pour la paie, pour vivre, ou parfois même juste survivre. Notre boulot est le fruit d’un parcours. Un peu comme pour le talent, ce parcours est inégalitaire. Il dépend de pleins de choses qu’on ne maitrise pas forcément. Il est semé d’opportunités, de possibilités, de contraintes, de choix… Pourtant, chaque personne qui travaille répond à un besoin, nécessaire à l’équilibre global, du plus gratifiant au moins valorisant. Mais, si tout le monde peut répondre au besoin que lui incombe son travail, où place-t-on le curseur de la réussite professionnelle ?

Je crois qu’il convient donc de redéfinir ce qu’est la réussite professionnelle. Je vais vous donner MA définition. Selon moi, la réussite professionnelle se traduit par l’épanouissement professionnel. Je crois qu’à partir du moment qu’on aime notre travail, on a réussi professionnellement. C’est aussi simple que ça. Cette définition permet de faire voler en éclats toutes les considérations de niveau de qualification, de statut, de poste ou de salaire. A tous les niveaux, on peut réussir (ou échouer).

Je crois que l’on est tous en mesure de trouver un emploi qui nous correspond, qui nous plaît, selon nos capacités, nos envies, nos personnalités. Et dans lequel on réussira. Ma sœur est aide-soignante. Ce n’est pas une profession hautement qualifiée, le salaire n’est pas extraordinaire, les conditions de travail compliquées, un travail physiquement usant, des horaires aléatoires. Pourtant, elle adore son métier. Ce qu’elle apporte à ses résidents est incroyable : de l’aide, une présence, du bonheur.

Alors, ma sœur a-t-elle réussi professionnellement ? Bien sûr que oui, et certainement encore mieux que moi.

 

Se présenter par sa profession ?

Nous sommes tous influencés par notre métier, où l’on y passe environ un tiers de notre temps éveillé. Il peut refléter une partie de notre personnalité, ou alors pas du tout. Tous les métiers possèdent leurs lots de stéréotypes, auxquels on peut correspondre ou pas. C’est notre métier qui nous ressemble et non pas nous qui ressemblons à notre métier. Car nos personnalités sont bien plus intéressantes que les seules qu’on laisse à notre travail.

Alors si en plus on se permet de juger une personne dès la première pensée quant à son travail… Nous avons tous notre parcours, nos boulots ne nous définissent pas. Cessez de juger trop rapidement selon le statut social. Soyez fier de votre réussite, peu importe à quel niveau. Et n’oubliez pas que, peu importe la qualification, le poste, le salaire, on travaille tous dans le même but : avoir à manger à tous les repas et un toit pour vivre.

 

 

Et si on essayait de varier nos discussions ? Histoire de ne pas systématiquement arriver à la question du boulot. Même si, je dois bien avouer, commencer une discussion avec quelqu’un que l’on vient de rencontrer par un « quelles sont tes passions ? » semblerait assez louche en premier lieu, à tort. Ce serait, certes plus personnel, mais probablement bien plus enrichissant. Parce que chaque personnalité est unique, chaque passion propre à chacun. Je suis certain qu’on découvrirait des choses passionnantes, des choses que nos métiers ne peuvent révéler.

Et sinon, dernier conseil, quand on partage un verre, un ciné, qu’on fait un bowling ou je ne sais quoi d’autre avec quelqu’un, peu importe que vous soyez caissier ou astronaute, la seule chose qu’on veut, c’est passer un bon moment.

 

 

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Julch

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