Etre un homme… féministe

Je suis un homme. Ce n’est pas une position facile dans cette société sexiste merdique. J’ai été élevé dans une société patriarcale, cette société où la femme n’est censée que seconder l’homme (LOL). Il se passe des choses, avec lesquelles je ne suis pas en accord. Je ne me sens pas à l’aise dans cette position d’homme. Parce que je dois bien vous avouer un truc, je suis féministe.

féministe

Un homme féministe

Je vous annonce être féministe, mais je ne suis pas à l’aise avec ça. Dans mon monde à moi (de bisounours), le féministe n’existe pas. J’ai un utopique idéal dans lequel l’inclusivité est reine, ainsi que l’égalité. Chacun peut vivre tel qu’il est lui-même et personne ne vient emmerder les gens, créer des différences ou même les violenter pour ce qu’ils sont, pour n’importe lequel des critères, dont le sexe. La réalité est malheureusement tout autre, elle est violente. Le féminisme y est nécessaire. Les femmes subissent quotidiennement des injustices (dans le moins pire), sont victimes constamment de sexisme. Mais les femmes sont incroyables, l’ordre est en marche, et elles se battent pour faire valoir leurs droits. Face à « l’ennemi » : l’homme.

Je n’aime pas cette notion d’ennemi, j’ai tendance à nuancer les choses plutôt que de les binariser. Pourtant, la misogynie, le combat du patriarcat, c’est à cause des hommes, dont je fais partie. J’aimerais bien vous dire que je fais partie du controversé #notallmen, mais vous ne me croirez pas (en toute légitimité). Je vous soutiens, mesdames, dans vos combats, je souhaite la même chose que vous. Je ne sais pas comment vous soutenir, vous aider, puisque ma position d’homme ne me permet aucune légitimité à le faire. Par essence, j’ai déjà été misogyne, sexiste, blessant. Je dois encore l’être par moment. Difficile alors de prouver ma sincérité. Le sexisme au quotidien que vous subissez, qui m’était invisible auparavant, maintenant je commence à le percevoir de plus en plus. Et ça me dégoute. Mais je ne sais pas comment le combattre, je n’arrive pas à trouver les armes en tant qu’homme pour vous aider. Alors je vous laisse faire, puisque vous n’avez réellement pas besoin de nous pour être fortes.

Je ne me suis donc jamais senti à l’aise de prendre la parole sur le féminisme, alors que je ne me retrouverai jamais en position de « l’expérimenter ». Mais après une confession d’une collègue sur un comportement déplacé, j’ai ressenti le besoin de vous parler. Parce que j’ai été choqué de voir la bêtise des hommes, parce que j’ai déjà trop vu de comportements inappropriés.

 

Le monde merveilleux du travail

Je travaille dans une équipe où la parité est globalement respectée. Je passe donc mon quotidien avec des collègues femmes, et je viens seulement de me rendre compte que j’avais assisté à trop de comportements qui ne devraient pas exister. J’ai négligé les impacts de ces comportements, qui me semblaient sûrement trop « banals » regardés de manière individuelle. Sauf que quand on fait la somme, ça fait beaucoup trop. Quasiment toutes mes collègues de moins de 30 ans ont dû faire face à des comportements inappropriés au sein même de l’entreprise. Je ne dois pas vous apprendre grand-chose mesdames, mais moi je viens seulement de m’en rendre compte. Un homme, avec qui elles ne travaillent même pas, les contacte via la messagerie instantanée, pour un « Coucou, ça va ? », pour demander de prendre un verre. Avec des refus, même sans réponse, il revient à la charge plusieurs fois. Il finira quand même par se lasser. Mais ce n’est pas normal. Autres comportements, les vieux pervers frustrés de 45-50 ans qui ne se sentent plus en voyant passer devant eux une jolie jeune femme de 25 ans. Gerbant, parce que ça concerne une grosse majorité de ces hommes-là. Je ne parle même pas des sifflets ou des regards insistants sur une collègue qui se déplace seule au sein de l’entreprise.

Tous ces « exemples » me sont revenus d’un coup, comme si d’un coup je me rendais compte de ces accumulations dont je n’avais pas assez conscience, lorsque ma collègue me révèle un comportement bien trop inapproprié. Elle est une collègue dont je suis devenu proche, elle est une amie. Elle ose se confier. Elle me parle de cet homme, avec qui elle travaille directement, qui tentait une drague assez « lourde ». Plusieurs fois déjà il lui avait proposé de se voir en dehors du travail, pour boire un verre, ce qu’elle avait toujours refusé ou esquivé. Il se montre assez insistant, lui demandant quand il allait sortir de la « friendzone ». Le NON catégorique, il ne l’a pas compris. Et il lui dit qu’elle changera sûrement d’avis, qu’il lui redemandera de temps en temps. En toute conscience professionnelle, elle essaie de rester courtoise, n’ose pas le rembarrer pour ne pas détériorer les relations de travail (sérieusement…). Quand elle m’en parle, elle ne se rend même pas compte que ce qu’il est en train de faire, ça s’appelle du harcèlement.

 

La sombre vérité

Si je ne vous présente que des exemples de mon travail, c’est que le constat y est sans appel. J’ai pu avoir dans ce contexte un échantillon de ce qui arrive. Je n’ose même pas imaginer ce qui se passe dans la vie de tous les jours, dans la rue, dans les foyers. Je me doute que c’est encore pire. Je ne suis pas en mesure de m’imaginer l’ampleur, de vous comprendre. Je n’arrive même pas à comprendre comment tous ces hommes peuvent agir de la sorte, comment peuvent-ils avoir un esprit aussi tordu ? Ce qui me rend encore plus triste, c’est que j’ai connaissance de ces agissements car mes collègues en ont parlé. Sauf qu’elles en ont parlé après l’avoir subi, en devant l’affronter seules. Je suis outré de tous ces agissements, et pourtant ce ne sont que ceux dont j’ai connaissance, quels sont tous les autres que nous ne savons même pas, et que ces femmes continuent de subir ?

Mesdames, si je m’adresse à vous, c’est pour vous confier toute mon admiration. Vous êtes d’une force incroyable. Plus que jamais, l’importance du 8 mars prend tout son sens, pour une journée symbolique qui met en lumière une sombre vérité. Le combat doit continuer, les mentalités masculines doivent changer. Je sais que vous y arriverez, j’ai confiance en vous.

Je vous apporte tout mon soutien, je vous offre tout mon respect.

 

 

40870cookie-checkEtre un homme… féministe
Partager cet article via :
Julch

Julch

J'aime l'humour et la bienveillance.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Back to top