Il était une chanson…: Respect !

Il était une chanson…:

Respect – Aretha Franklin

 

aretha

 

 

Festival de Monterey, 1967

 

Otis Redding, tête d’affiche, s’adresse au public en souriant : “Voici une chanson qu’une bonne amie a emmené loin de moi” avant d’interpréter son titre : Respect.

Derrière ce sourire, faisant bonne fortune bon cœur, peut-être une prise de conscience. Car il faut bien le reconnaître : Sa chanson sortie en 1965 est, quand même, un peu machiste, patriarcale. Il y est histoire d’un homme s’adressant à sa femme en ces termes :

 

“Tout ce que tu veux, tu l’as.

Tout ce dont tu as besoin, tu l’as.

Tout ce que je demande c’est un peu de respect quand je rentre à la maison…”

 

A sa décharge et dixit le producteur Jerry Wexler : “Pour Otis, le respect avait une connotation traditionnelle, dans le sens de l’estime”. Mais cette chanson – qui fut un franc succès dans une Amérique des années 60 – allait devenir un hymne Féministe lorsqu’elle va se l’approprier pour la sortir le 14 Février 1967, mettant un grand coup de pied dans la fourmilière des “traditions”.

Elle ? La bonne amie en question… :

 

Aretha Louise Franklin

Née le 25 Mars 1942 à Memphis dans le Tennessee ; La “Reine de la Soul” – comme elle est fréquemment surnommée – est une des artistes les plus influentes de la musique contemporaine, ouvrant la voie à de nombreuses artistes féminines de Donna Summer à Alicia Keys en passant par Adèle ou encore Amy Winehouse.

Elle a aussi inspiré de nombreux artistes masculins dans leurs manières de faire de la musique et de chanter: Tom Jones, Elton John, Freddie Mercury, Prince… Pour ne citer qu’eux. Aretha Franklin est, en effet, une des premières artistes à s’accompagner au piano et popularise le mélisme (fait de jouer plusieurs notes sur une seule syllabe), des éléments du Gospel incorporés au Rythm’n’Blues pour en redéfinir les codes et permettre l’essor de la Soul Music dont Elle, Otis, Nina Simone et Ray Charles sont, sans conteste, les pionniers.

 

Une femme de combat(s)

aretha 2

 

Aretha était une artiste de talent mais aussi une femme engagée. Fille de pasteur militant pour les droits des Noirs Américains et ami proche de Martin Luther King, elle n’aura de cesse de vouloir faire entendre sa voix pour l’égalité des droits mais aussi l’égalité hommes-femmes et deviendra une icône pour toute une génération d’Afro-Américaines à travers, notamment, son premier grand succès, qui allait devenir sa chanson signature…:

 

R.E.S.P.E.C.T

Aretha a 24 ans lorsqu’elle décide de s’emparer de la chanson de son ami Otis Redding afin de la réécrire un peu. Car celle qui a quitté le lycée à l’âge de 16 ans, alors déjà mère de deux enfants, a rapidement appris à être indépendante, et c’est en reprenant le texte du point de vue de la femme pas “au foyer” comme pour répondre au mari de la chanson qu’elle va en faire un hymne de et pour la femme.

À Elle(s) alors de taper du poing sur la table et de dire:

“Tout ce que Tu veux. JE l’ai.

Tout ce dont Tu as besoin. JE l’ai.

Tout ce que je demande c’est du respect quand TU rentres à la maison…”

 

Des couplets conservés, seuls quelques mots et le point de vue changent mais ils changent tout ! Aretha dote cette chanson d’une nouvelle âme avec, aussi, un refrain dynamisé par des choeurs assurés par ses propres soeurs : Erma et Carolyn; Et quelques nouvelles expressions dont ce “Sock It to Me” joueur et un brin provocant que l’on peut traduire par “Montre moi ce dont tu es capable” et qui se fait réponse du berger à la bergère pour ce Respect, épelé, qu’elle semble non plus seulement demander mais bien exiger.

 

Un hymne à la liberté

Le coup de gueule macho devient un cri féministe, émancipateur.

Mais sortie au milieu de changements sociétaux notables : Le mouvement des droits civiques, la guerre au Vietnam, l’amendement sur l’égalité des droits ou encore le mouvement des Black Panther. Le message dans la chanson est véhiculé comme une demande de respect accru envers toutes les femmes, de toutes couleurs, bien au delà de la relation amoureuse. Car beaucoup d’entre elles jouaient des rôles de militantes des droits civiques sans reconnaissance adéquat.

Respect sera également reprise, temps passant, dans les manifestations pour le droit à l’avortement et LGBT.

Un véritable hymne engagé, donc, qui s’écoulera à des millions d’exemplaires, permettant à Aretha d’obtenir ses deux premiers Grammy Awards (Pour un total de 18 tout au long de sa carrière).

 

Quant à Otis ? Et bien je vous donne rendez-vous dans 15 jours…

 

Pour l’heure, il était une légende…

La Reine de la Soul et son hymne signature :

Respect – Aretha Franklin

 

 

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Brice

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