Riad Sattouf, l’adolescence et l’Arabe du futur

Comment ? Vous ne connaissez pas encore Riad Sattouf ?

Sattouf, sa touffe, ma touffe, ahahaha, on lui a déjà fait mille fois. Comment je le sais ? Parce que j’ai dévoré « L’Arabe du futur » et que j’ai donc l’impression de le connaître personnellement. J’avais envie de vous parler de cet humain doté d’une intelligence, d’une sensibilité dans son oeuvre littéraire et cinématographique, mais dont j’aime particulièrement l’honnêteté et la modestie en interview.

La révélation

Personnellement, tout a débuté par la lecture de l’Arabe du futur, un roman graphique. A la base, je ne suis pas du tout attirée par le roman graphique en général, j’ai mes petites habitudes, et « la BD » ne fait plus partie de mes livres de chevet depuis très longtemps.

Sauf que. Voilà que j’ai “L’Arabe du futur” en main, que je commence à le lire avec nonchalance, et soudain je n’arrive plus à m’arrêter, je le lis d’un coup, boum, comme ça, ça va vite, c’est passionnant, les dessins sont chouettes, l’histoire est drôle et intéressante à la fois. A la fin du premier, je ne pense qu’au suivant. Jusque-là il y en a cinq, achetés dès leurs sorties. Autant vous dire que j’attends le sixième de pied ferme.

“L’Arabe du Futur”, c’est l’histoire de la famille de Riad, bringuebalée entre la Bretagne, la Lybie, la Syrie. C’est l’histoire d’un père arabe, d’une mère française, d’enfants écartelés entre deux cultures, qui parle de racisme français, de radicalisation religieuse progressive d’un père, d’une enfance et d’une adolescence très particulière. C’est drôle, c’est sombre et lumineux à la fois, et surtout, on en apprend énormément sur les particularités culturelles de tous ces pays dont on entend tout le temps parler, mais qui nous semblent tellement éloignés. L’enfance est savoureuse, l’adolescence est dramatique (évidemment), mais un secret saupoudre le tout d’un suspense insoutenable.

riad
Source: https://www.lefigaro.fr/bd/2018/

Un témoin incontournable de l’adolescence

L’adolescence est un vaste sujet largement abordé, et finement décrit (cela se répercute sur l’oeuvre de Sattouf en général). Quand on a mon âge, on se souvient. Les jeunes d’aujourd’hui peuvent s’identifier dans toutes les difficultés rencontrées par Riad durant cette période compliquée.

Il est aussi auteur d’autres BDs : Les Cahiers d’Esther, Pascal Brutal, entre autre pour les plus connues, mais je ne les ai pas encore lues. Il a par contre réalisé des films que j’ai beaucoup aimés : « Les beaux mecs » (qui a fait connaître Vincent Lacoste et Anthony Sonigo, une belle satire de l’adolescence – encore), « Camille redouble », et « Jacky au Royaume des filles ».

“Jacky au Royaume des filles”, à redécouvrir !

Ce film a fait un four en salles, malgré un casting impressionnant.

Pourtant, à l’heure de la connaissance que l’on a aujourd’hui du mouvement féministe, c’est un incontournable ! Il y a quelques longueurs, mais c’est un ovni à mille lieues des comédies françaises qu’on nous sert à la louche.

Le pitch ?

“En république démocratique et populaire de Bubunne, les femmes ont le pouvoir, commandent et font la guerre, et les hommes portent le voile et s’occupent de leur foyer. Parmi eux, Jacky, un garçon de vingt ans, a le même fantasme inaccessible que tous les célibataires de son pays : épouser la Colonelle, fille de la dictatrice, et avoir plein de petites filles avec elle. Mais quand la Générale décide enfin d’organiser un grand bal pour trouver un mari à sa fille, les choses empirent pour Jacky : maltraité par sa belle-famille, il voit son rêve peu à peu lui échapper…” 

Riad, ce type qu’on a envie d’avoir à sa table

Pour terminer, je vous invite à visionner un extrait de l’émission « Hep Taxi » qui propose des interviews décalées, qui achèvera de vous convaincre qu’il faut le découvrir, si ce n’est déjà fait.

 

En écrivant ces lignes, j’aurais envie de conclure que Riad Sattouf, c’est l’ami intelligent,  créatif et modeste qu’on rêverait d’avoir, et en même temps, je ne peux qu’imaginer qu’il répondrait que c’est bien gentil, mais qu’il en a un peu marre d’être friendzoné.

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