C’est quoi ton genre ?

Notre monde a besoin d’ordre. C’est pourquoi il est nécessaire d’identifier, classer, trier et ranger les gens dans des petites cases. C’est ce qu’on appelle la catégorisation sociale, qui permet d’organiser notre environnement (social). On utilise cette catégorisation comme un outil de description, on y range différents traits de caractères, personnalités, physiques…  Chaque catégorie possède ses propres éléments de description, qui peuvent être valorisants ou non. Ces éléments peuvent être associés à des clichés, qui ne reflètent donc peut-être pas forcément la réalité.

Parmi tous ces traits, j’ai choisi de vous parler de genre, de MA vision du genre.

 

 

Bilal Hassani

Source : Instagram Bilal Hassani

 

 

C’est quoi le genre ?

Ce à quoi je fais référence en vous parlant de genre, c’est l’ensemble identité de genre et expression de genre. Le schéma ci-dessous peut vous permettre de mieux comprendre et de ne pas confondre. L’identité de genre, c’est la manière dont je me perçois à titre personnel. L’expression de genre est la manière dont j’exprime mon genre (et donc comment les autres vont me percevoir). Il ne faut pas les confondre avec le sexe biologique (lié aux attributs physiques et hormonaux), ainsi que l’attirance (émotionnelle et sexuelle).

 

Schéma genre

Source : https://www.ecoloj.be/goforclimatejustice/jump/identite-sexe-expression-attirance/

 

Le genre (identité et expression) existe car, par effet de simplification, les gens et leurs comportements ont été décrits depuis tous temps selon leur sexe biologique (« mâle », « femelle »). Ainsi, on leur a attribué tout un tas de caractéristiques, plus ou moins stéréotypés. Or, certaines personnes ne se reconnaissent pas dans ces cases. Ils ont certains traits de l’un, mais aussi certains de l’autre.

 

 

Les stéréotypes

En étant rattaché au sexe, le genre est devenu binaire : homme ou femme.

Qu’est-ce qui définit un homme ou une femme ?

Selon moi, pour rechercher le modèle (stéréotypé) de ce qu’est un homme ou une femme, il faut se replonger en enfance. Il faut ouvrir un livre de contes. L’homme, c’est le prince charmant. Il est fort, grand, valeureux, viril, courageux, combatif. Il doit protéger son royaume et sa princesse. Justement, la femme, c’est la princesse. Elle est belle dans sa jolie robe, faible, fragile, sensible, elle reste à la maison, dépendante de son prince. Elle est censée donner la vie.

Ces stéréotypes sont des extrêmes, certes. Pour autant, ce que la société imagine de l’homme et de la femme, ça s’en rapproche.

Prince et princesse

 

Le concept du genre

L’homme, la femme, ce sont des concepts rattachés au sexe, biologiquement. Le genre, c’est plus complexe que ça, ce n’est pas binaire. Pour autant, il est plus facile de se construire une image du genre en se basant sur le sexe, car on en connait les représentations et les clichés.

Pour éviter les confusions, je crois qu’il est préférable de réadapter les termes. Au lieu de parler d’homme et de femme, je préfère parler de masculinité et de féminité, avec chacun leurs caractéristiques associées. Ce ne sont que des mots, mais ils ont une importance. Au lieu de désigner un groupe d’individus, on parle d’un comportement détaché du sexe de l’individu.

Le genre (que l’on parle de l’identité ou de l’expression), c’est quelque chose qui se balade entre ces deux aspects de féminité et de masculinité. Les limites extrêmes étant l’homme (100 % de masculinité) et la femme (100 % de féminité).

 

 

L’identification du genre

J’ai longtemps imaginé le genre comme étant un tout, qui serait complémentaire entre la masculinité et la féminité. Par exemple, un individu pourrait s’identifier comme ayant 20% de féminité et par conséquent 80% de masculinité, sous-entendu « j’ai un peu de féminité donc moins de masculinité ».

J’ai finalement découvert une conception qui me semblait bien plus correcte, présenté dans un TEDx par Mélissa Plaza, une footballeuse professionnelle et Docteure en psychologie sociale. Je vous conseille au passage de consulter cette présentation en intégralité.

Mélissa nous parle des travaux de Sandra Bem, une psychologue américaine. Elle a notamment travaillé sur le genre et le concept d’androgynie, qui est le fait de posséder à la fois des caractéristiques féminines et masculines.

On peut présenter ses travaux sous forme graphique. On y trouve deux axes, qui, contrairement à ce que je pensais initialement, sont distincts et indépendants : la masculinité et la féminité.

Graphique genre

Ainsi, avec ce type de graphique, on imagine toujours les points extrêmes que sont « l’homme » et « la femme ». Mais on peut aussi croiser les deux, avoir de la masculinité et de la féminité à la fois : le concept d’androgynie. Il existe donc une infinité de possibilité, avec un pourcentage de masculinité et un pourcentage de féminité définis indépendamment. La somme des deux n’a pas à être égale à 100 %.

 

 

En pratique, le genre ça donne quoi ?

Je vous ai présenté l’aspect théorique. Selon moi, cela permet à chacun de s’identifier selon son rapport à la masculinité et à la féminité, avec des possibilités androgynes infinies (chaque personne est unique).

En pratique, c’est évidemment beaucoup moins simple. Comment se définir si précisément, alors qu’il existe une infinité de possibilités. Nous avons, certes, chacun une vague idée de qui nous sommes (excepté si on se met volontairement les barrières des clichés), mais comment catégoriser les autres ? Comment deviner leur identité de genre au travers de leur expression ? Comment puis-je parler d’un autre si je ne suis pas en mesure de le catégoriser ?

Autant de questions auxquelles je ne puis vous répondre, j’en suis désolé. Je pourrais bien vous donner des pistes, mais ce n’est pas au travers de mon article que je réussirais à changer les mentalités ou la nature de l’être humain.

Alors, je ne peux que vous conter mes rêves, qu’ils puissent vous inspirer. Je rêve d’un monde plus inclusif, où toutes les singularités seraient perçues comme des richesses. Un monde où l’on ne serait pas instinctivement rattaché à notre sexe, avec tous les stéréotypes et les obligations que ça implique.

Je rêve d’un monde où chacun puisse suivre ses envies, sans être gêné parce que « c’est un truc de fille / garçon ». Une femme footballeuse professionnelle, un homme qui se maquille, une femme aux cheveux courts qui ne serait pas un « garçon manqué », une personne en jupe.

En tant qu’homme, j’aimerais pouvoir avoir un sac à mains sans que l’on dise de moi que je suis gay (comme si c’était une insulte d’ailleurs, et comme si mon attirance était directement liée à mon expression de genre aussi). Surtout que, peut-être, je me rendrais compte que finalement c’est hyper chiant d’avoir un sac à mains.

 

Bref, j’aimerais pouvoir essayer, j’aimerais avoir le choix, j’aimerais pouvoir être moi.

 

 

sam smith

Source : Instagram Sam Smith 

 

 

 

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Julch

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