Il était une chanson… De rupture. Culte ?

Il était une chanson…

Your Woman – White Town

Voici l’histoire d’un succès improbable sorti en Janvier 1997, venu titiller les super stars qu’étaient alors: Oasis, Blur, Texas ou encore les Spice Girls (Hé oui…) au sommet des charts.

 

 

One Hit Wonder… One man.

À l’origine, White Town est un groupe de Rock créé à Derby, en Angleterre, par quatre amis sortants d’un concert des Pixies dont ils étaient fans. Quelques concerts privés plus tard et ne rencontrant pas le succès espéré, trois des membres, découragés, choisissent d’abandonner le projet, laissant alors son fondateur  Jyoti Mishra, seul.

Ce dernier, chanteur et claviériste, se tourne vers la musique électronique et va, avec ses propres économies, enregistrer son premier disque en 94: Socialism, Sexysm & Sexuality. Malgré des critiques positives, les ventes ne décollent pas et l’album passera inaperçu. Mais ses textes engagés et provocateurs vont lui permettre d’être invité à quelques manifestations électro à travers lesquelles il enrichira son style ajoutant, notamment, des éléments du rock et du jazz à sa musique.

 

Du côté obscur…

C’est dans son studio de 12m2 – qu’il louait alors – et presque fauché, que Jyoti Mishra va attentivement prêter l’oreille à un air de Jazz de 1932:

 Al Bowlly, Lew Stone and The Monseigneur Band – My Woman.

 – Il ne s’agit donc pas d’un emprunt à un des célèbres thèmes de Star Wars comme on peut le penser.

Tombé amoureux de la chanson, il va en sampler la ligne de trompette à l’aide d’un logiciel offert dans un magazine, ajouter de la basse et faire ce groove électro-funk, tendant au hip/hop, que l’on connait. C’est sa copine de l’époque, adorant l’ ébauche, qui va le pousser à la perfectionner, lui prêtant même l’argent nécessaire à la réalisation d’une maquette.

 

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À la lumière.

Mais la musique, n’est pas la seule explication au succès à venir… Pour Jyoti, une chanson Pop est réussie, si :

” Elle peut nous faire danser, nous faire fredonner et si ses paroles prêtent à réfléchir.”

Et sur ce point, en donnant un grain suranné au son de sa voix pour accentuer le côté rétro du morceau mais, surtout, en la faisant plus douce, l’auditeur peut comprendre rapidement qu’il s’agit d’une histoire différente de ce qu’il a l’habitude d’entendre.

Toujours selon Jyoti:

“Les chansons “d’amour” interprétées par des hommes ont une fâcheuse tendance à faire de la femme soit une reine merveilleuse, soit la dernière des garces mais l’amour c’est tout sauf ça ! Les sentiments sont beaucoup plus complexes […] Mais surtout, les hommes n’osent jamais (s’)avouer avoir le mauvais rôle dans l’histoire…”

C’est pourquoi il a choisi de faire une chanson du point de vue d’une femme s’affranchissant d’une relation avec un homme qui semble s’être montré particulièrement inélégant et hypocrite, voir manipulateur. À travers un texte utilisant le sarcasme en résilience, on peut aussi trouver des éléments d’idéaux intellectuels incorporés à la luxure dans cette histoire… Mais ça, ce n’est que mon point de vue, mon interprétation de la chanson et il m’est bien avis qu’il y en a plusieurs autres possibles.

 

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Chanson vintage avant-gardiste

Ce n’est donc pas une chanson d’amour mais bien une chanson de rupture, d’anti-amour, que White Town signe là pour promouvoir son album Women in Technology. Pour appuyer le propos – et enfoncer le clou “Made in 1932” – le clip associé est filmé en noir et blanc, à la façon d’un film muet, mettant en scène un homme (celui dépeint dans la chanson) et deux femmes qui vont se disputer un amour finalement impossible… à raison(s) ! Une façon pour Jyoti Mishra d’ajouter une autre perspective par l’image; Un autre point de vue (celui, alors, de la chanson interprétée par la maîtresse) et une relecture possible donnée à sa chanson…

 

Mais trêve d’analyses !

Car pour l’heure, je vous le demande :

Est-ce que cette chanson vous fait secouer la tête ? Vous fait fredonner ? Tout en vous donnant, possiblement, envie de vous attarder sur le (les) sens des paroles ?

Est-ce que, comme moi, vous trouvez qu’il s’agit bien là d’une chanson réussie ?

Imparable et indémodable, tenant plus du grand classique que du “vulgaire” One Hit Wonder et qui serait bien capable, 24 ans plus tard, de rivaliser avec nombre de titres actuels.

 

Et ça, c’est mon dernier mot Jean-Pierre !

 

Il était une chanson…:

Your Woman – White Town

 

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Brice

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