Les Contes de TA MERE l’Oye

Pour cette deuxième petite (ahem) histoire, j’ai éprouvé l’irrésistible envie de vous raconter un conte de Noël.

Irrésistible envie, signifiant ici « besoin de partager une horrible expérience » et conte de Noël voulant dire « abominable torture psychologique infligée par ma famille ». Oui, bon, d’accord, j’exagère un tantinet, mais vous allez bientôt comprendre.

La petite maison dans la prairie

(mais la prairie versaillaise hein, nous ne sommes pas des gueux)

Meilleurs GIFs La Petite Maison Dans La Prairie | Gfycat

Nous sommes en 2001, j’ai 9 ans et j’habite avec ma mère, à la campagne, près de Versailles. Chaque année, nous descendons en Ariège, rejoindre ma sœur, dans cette région que ma mère adore pour fêter Noël.

Ma mère travaillait beaucoup à l’époque, et lorsque je sortais de l’école, j’allais chez mon ancienne nourrice et je jouais avec sa fille jusqu’à son retour (je sais, le décor est long à installer, mais c’est important pour la suite !).

Ma nourrice avait une ferme et sa fille Laura (INGALLS, PTDR) et moi, aimions beaucoup nous occuper des animaux. Un jour, nous avons trouvé un œuf d’oie, à peine tiède, visiblement abandonné, et nous avons eu l’autorisation de nous en occuper ! Nous l’avons installé dans de la paille, sous une lampe, et quelques jours plus tard, nous étions toutes heureuses de découvrir une ravissante petite oie.

Et nous l’avons appelée… Rose d’Or. Et non, rien à voir avec la caverne.

OUI BON ÇA VA ! ON AVAIT 9 ANS, D ACCORD ?!

Les gamines de riches appellent bien leur poney “Terre de feu” ou “Tempête” alors hein !

Gifs Cheval animes, Images Chevaux

(Bordel, je vois tellement une Marie-Cécile poster ça sur Facebook)

(Déso aux Marie-Cécile, je vous kiffe <3)

Bref, pendant des mois, nous l’avons gardée avec nous, dans la maison, de septembre à décembre. Seulement voilà, elle devenait trop grande et montrait de plus en plus son envie de retourner avec son troupeau (avec cette sal****** de jars à la con, qui nous pinçait et nous courait après en permanence). Laura et moi lui avons donc attaché un joli ruban à la patte, afin de la distinguer des autres puis nous lui avons rendu sa liberté. Et c’était un véritable bonheur de la voir s’approcher de nous chaque jour pour nous dire bonjour. Sérieux, elle venait quémander des caresses quoi, on était tellement fières !

Mais tous les bonheurs ont une fin… et celle-ci est, comment dire… assez spéciale.

Piège à grande vitesse

(#StevenSeagalForever)

Steven Seagal Funny Gif

Nous sommes donc le 22 décembre 2001 et, comme chaque année, nous nous apprêtons à descendre en Ariège. Et comme chaque année, ma mère achète les… ingrédients pour le repas de Noël auprès de ma nourrice.

Et cette année-là, ma mère lui a acheté une oie. Je ne le savais pas, évidemment. Je ne me préoccupais pas spécialement du sort des animaux de la ferme à cette époque, je ne me rendais pas vraiment compte, mais j’aurais été dévastée de savoir que ma famille allait manger l’une des camarades de ma Rose d’Or adorée !

Bref, revenons à ce 22 décembre maudit. Nous devions prendre le train de nuit pour aller en Ariège et j’étais très heureuse à l’idée de voyager pendant mon sommeil, d’arriver de bon matin à la montagne et de dormir dans un train, comme une vraie aventurière (ouais, je n’avais déjà pas des rêves d’aventures démesurés à l’époque, hein. Certains partent faire le tour du monde en voile avec leurs parents et moi j’étais surexcitée de faire un voyage avec la SNCF, mdr)

Enfin, bref. Nous nous chargeons des bagages ma mère et moi, et je remarque qu’elle porte une espèce d’énorme sac à dos bleu, qui semble très lourd. Je lui demande ce que c’est et elle me répond étourdiment qu’il s’agit d’un sac isotherme contenant notre repas de Noël.

Alors, ce n’est une surprise pour personne hein, mais déjà à l’époque, j’aimais la bouffe. Genre vraiment. Et dans la famille, s’il n’y a pas 394 plats (394, mon chiffre préféré, les vrais sauront) sur la table pour un repas de fêtes, ce n’est pas un vrai repas.

Je n’arrête donc pas de la harceler de questions afin de savoir ce que contient ce sac bien prometteur. Encore et encore. Au bout de trente longues minutes, ma mère finit par me dévoiler l’effroyable vérité. Une oie. Ce sac contient une oie qui vient de chez ma nourrice. Et quand je lui demande, en tremblant, de quelle oie il s’agit, ce monstre de cruauté, cette infâme créature, CET ABOMINABLE DÉMON (ok, j’arrête) qu’est ma mère me répond simplement « Bah, c’est une oie ma chérie, comment veux-tu que je sache son nom, hahaha ».

Donc dans ce sac, se trouve peut-être le cadavre du petit animal que j’ai aimé pendant des mois et que ma mère veut nous faire manger à Noël…

Comment vous dire mes amis ? J’étais une pleureuse quand j’étais petite. Et là, au beau milieu de la gare, je me mets à sangloter et à pleurer comme une madeleine. Impossible de m’arrêter. Ma mère, qui ne comprend même pas pourquoi je pleure, la malheureuse, m’entraîne vers le train et me fait grimper dans le wagon en s’excusant auprès des autres voyageurs. Et aucun Casey Ryback à l’horizon pour me tirer des griffes de cette maman digne des plus grands méchants des films de Seagal. Il ne lui manquait que des cicatrices et un vieil accent russe.

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On pourrait croire que l’histoire s’arrête là, n’est-ce pas ? QUE NENNI MES CHERS AMIS.

Car je ne sais pas si vous avez déjà voyagé dans un train couchette, mais il y a très peu de place pour les bagages… Comment, vous ne devinez pas ?

Je n’étais pas bien grande à l’époque (PTDR, comme si ça avait changé aujourd’hui) et il fallait de la place pour ranger l’énorme sac contenant l’oie. Alors ma mère, ma si gentille maman, a déposé ce sac de l’enfer SUR MON LIT, À MES PIEDS, POUR LE RESTE DE CE PUTAIN DE VOYAGE.

NEUF HEURES durant, j’ai donc pleuré par intermittence, ne dormant que quelques minutes, au grand dam des autres dames du wagon tandis que ma mère, elle, ronflait sans aucun souci.

L’Aile ou la Cuisse

(Spoiler alert : AUCUNE DES DEUX)

Arrivées en Ariège, ma sœur nous récupère à la gare et demande pourquoi mon petit visage est si chiffonné et pourquoi mes yeux sont si rouges. Alors j’éclate en sanglots et je lui raconte tout.

Heureusement qu’elle était là et qu’elle a su trouver les bons mots pour me consoler.

Douce et attentionnée, elle a grondé maman de m’avoir fait ça et a promis que personne ne mangerait d’oie à Noël car tout le monde comprendrait ma douleur.

Pfuhahahahahaha

VOUS Y AVEZ CRU, HEIN, BANDE DE PETITS NAÏFS ?!

ET BEN NOOOOON ! elle a rigolé.

Oui, oui rigolé, en se moquant de moi et me traitant de petite nature.

Et, une fois dans la maison de vacances qu’on avait loué, elle s’est empressée de proposer à maman de préparer l’oie pour le lendemain.

Ma chère sœur (que j’aime de tout mon cœur mais qui l’a tellement brisé à l’époque) a commencé à JOUER avec l’oie pendant qu’elles la préparaient. Elle a attrapé sa tête et a ouvert et refermé son bec en disant, d’une petite voix plaintive : « Cassandre, c’est moi, Rose d’Or ! Ne me laisse pas, sauve-moi, ta méchante famille va me manger !». Et toute la fratrie était morte de rire (tandis que ma pauvre oie était morte tout court).

Sérieux, les grands frères et les grandes sœurs, soyez gentils avec vos cadets. Parce que vos petites blagues, on les a toujours sur le cœur, 20 ans plus tard, même si on vous aime plus que tout !

Je n’ai évidemment touché à aucun plat de ce funeste repas (mais pas de panique, j’ai démonté les chocolats) et les vacances se sont avérées tout de même super cool. A 9 ans, on se console assez facilement. Surtout lorsqu’on est submergé de jouets (j’ai eu Barbie lévrier afghan cette année-là <3)

L’espoir fait vivre !

(Enfin… Pas pour Rose d’Or)

oie et pigeons animaux oiseaux didnt read Image, GIF animé

Pour finir sur une note positive, je n’ai jamais su au juste, s’il s’agissait bien de Rose d’Or. En revenant chez ma nourrice, lorsque j’ai couru vers le troupeau d’oies, j’ai pu constater qu’il en manquait 5 et qu’aucune des oies restantes ne s’approchait de moi. Je savais donc que mon pauvre bébé avait été mangé à Noël mais j’ai tenté, en vain, de me persuader que ce n’était pas par ma famille.

Mais le plus beau dans tout ça a été le jour de la rentrée. Ma mère, institutrice, avait demandé à ses élèves de tenir un journal de vacances.

Christelle, l’une de ses élèves et de mes grandes amies (mais qui n’avait aucune idée de ce qu’il s’était passé pour moi à Noël) avait écrit dans son journal une petite comptine de sa composition :

1, 2, 3,  Achetez une oie

4, 5, 6, Soupoudrez d’épices

7, 8, 9, Dorez au jaune d’œuf 

10, 11, 12, le jars n’a plus dépouse !

 

Jules Renard a dit : “L’ironie est un élément du bonheur”. Pas pour les oies, visiblement.

 

 

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Cassandre

Cassandre

J'ai lu quelque part "Une vie trop tranquille est une mer morte"... Bordel, je vous jure, la mienne c'est l'océan Atlantique !

One thought on “Les Contes de TA MERE l’Oye

  1. Une amie avait un petit cochon prénommé Marcel dont elle était folle. Elle l’a retrouvé un jour dans son assiette (histoire vraie…)

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