Le talent, ça n’existe pas

Le talent. Il vous est sûrement déjà arrivé d’en manquer, ou alors des fois vous avez affirmé que votre prouesse était due à votre talent. Vous admirez certaines personnes, qu’elles soient sportives, artistes ou entrepreneuses, car tout de même elles ont un sacré talent. Elles accomplissent des choses avec un tel talent qu’il vous serait impossible d’en faire autant. Moi je crois que parler de talent (dans le bon sens comme dans le mauvais), n’est au final qu’un prétexte. En réalité, le talent, ça n’existe pas.

 

Le talent, ça n’existe pas

Jacques Brel. Un sacré monsieur ! Il a écrit et interprété parmi les plus belles chansons de l’histoire de la chanson française. Il s’est aussi essayé à faire l’acteur. Et il a également raconté des choses, lors d’interviews. Des réflexions sur sa pensée. Des fois c’était de sacrés conneries, mais parfois c’était intéressant, inspirant. Pour faire tout ça, me diriez-vous, il devait être assez talentueux. Alors en fait, pas vraiment, puisque d’après ses dires, il est convaincu d’une chose : le talent, ça n’existe pas.

« Le talent, ça n’existe pas. Le talent, c’est d’avoir l’envie de faire quelque chose. […] Et je crois qu’avoir envie de réaliser un rêve, c’est le talent. Et tout le restant c’est de la sueur, c’est de la transpiration, c’est de la discipline. »

Alors, je sais, vous allez me dire : « il est bien mignon le petit là, il nous cite le bon vieux Jacky, il nous dit que le talent ça n’existe pas. Mais moi j’en connais des gens avec du talent, j’en connais même qui avait un talent inné, ils étaient fait pour ça. Alors qu’est-ce qu’il nous raconte ? ».

Le terme de « talent », on l’utilise à tort et à travers pour ne rien dire et tout dire. On s’en sert pour se justifier lorsqu’on ne se savait pas à la hauteur, après un échec. On s’en sert en fausse modestie lorsqu’on a fait mieux que les autres. On s’en sert pour féliciter ce qu’on qualifie « d’exploit » l’accomplissement d’un autre, qui nous semble à des années-lumière de ce qu’on est en mesure de réaliser. A chaque fois, on utilise ce terme comme un prétexte. J’ai même tendance à croire que quand on l’utilise, en quelque sorte on se ment, on se dévalorise soi-même sur ses aptitudes.

 

Comment on devient bon à quelque chose alors ?

En réalité, on est tous capable de réaliser des choses qui nous donneront satisfaction. Et vous n’avez pas nécessairement besoin de talent. Il y a juste une sorte de « processus » avec différentes étapes. Et c’est là que l’on a tendance à utiliser le terme de talent pour se justifier, car ces étapes possèdent leur lot d’inégalités. C’est sûrement cruel, mais c’est comme ça, on n’y peut rien. Certains facteurs ne dépendent pas de nous et sont donc complètement incontrôlables.

 

Qu’on me donne l’envie !

Chacun est unique, nous avons tous construit nos personnalités, et nous l’avons associé à des passions, des choses qui nous animent, des choses que l’on aime faire. Alors, parfois, ces passions naissent de notre environnement : du milieu dans lequel on a grandi, de l’éducation que l’on a reçu, de l’hérédité ? A l’inverse, il y a des passions qui ne naissent que de nous-même, sans influence aucune. Des fois même, on peut ne se rendre compte que sur le tard de ce qui nous anime, de ce qui est important pour nous, de nos besoins.

voiture d'enfant sur piste

Ensuite, à un moment, on a cette révélation que, ce qui nous plaît, on a envie de le faire évoluer. On veut progresser, s’améliorer, devenir compétitif. Pour ça, on a besoin d’une petite étincelle que l’on appelle l’envie. L’envie de faire quelque chose. Le passage entre l’envie de s’améliorer et le fait de s’y mettre vraiment, c’est un fossé immense. Selon les personnes, ça peut demander un travail personnel énorme. Oui, car il faut savoir se convaincre : il faut croire en soi, se faire confiance, se dire qu’on en est capable, avoir le courage. Mais vous êtes une personne extraordinaire, vous pouvez le faire.

En revanche (ce serait trop simple sinon), cette motivation, elle peut fluctuer. Parce qu’à un moment on aura l’impression de ne pas y arriver, ou qu’on y arrivera jamais. Parfois, c’est juste que l’on a la flemme. Ce n’est pas grave, vous avez le droit, vous n’êtes pas obligé d’être constamment productif, vous pouvez même commencer quelque chose que vous ne finirez probablement jamais.

 

Viser la Lune, ça me fait pas peur !

Bref, vous aimez faire quelque chose, et vous avez la motivation pour être le meilleur. Là vient le chemin le plus long, celui du travail. On ne devient pas sportif de haut niveau, musicien virtuose ou je ne sais quoi d’autre sans travail. Croire que ceux qu’on admire sont arrivés là grâce à leur talent, c’est sûrement faux. S’ils sont arrivés à un tel niveau, c’est au prix d’un travail ardu et de longue durée, avec probablement des échecs mais aussi des sacrifices. Il faut donc s’investir, y mettre de l’énergie, afin de travailler et progresser. Le seul problème, c’est que la courbe de progression ne dépend pas que de vous. Il n’y a pas d’égalité des chances, les facteurs qui influent sont inégaux : le temps, l’argent, les contacts.

whiplash
Miles Teller & J.K. Simmons dans Whiplash, de Damien Chazelle

Au début, nos rêves d’enfants nous amenaient à croire au meilleur (et c’est bien, c’est doux le rêve). Bon, plus on avance, et plus la réalité nous rattrape, malheureusement. Etre au plus haut niveau, ce n’est pas donné à tout le monde. Vous n’en êtes pas vraiment responsables, ce sont les facteurs extérieurs qui, finalement, prennent une part plus importante malgré votre bonne volonté.

Alors, que faire ? Abandonner et se morfondre ?

Vous le pouvez, bien évidemment. Mais ce que je vous conseille davantage, c’est de vous retourner légèrement pour regarder ce que vous avez accompli. Je crois, que globalement, vous y verrez des choses satisfaisantes, des choses dont vous pouvez être fier. L’accomplissement est avant tout personnel, vous n’avez pas besoin de vous comparer aux meilleurs. Vous connaissez tout le travail accompli pour arriver à ce résultat. Ce résultat peut même être un échec, soyez-en fier, car vous aurez au moins eu l’audace d’essayer.

 

Le talent dans tout ça ?

Vous avez fait des choses, vous avez essayé, vous n’êtes peut-être pas arrivé au niveau que vous souhaitiez à la base. Vous aurez au moins amélioré vos aptitudes, compétences, dans ce que vous aimez. Mais au final, vous n’avez pas eu besoin de talent. En même temps, dirais-je, c’est normal, puisque le talent n’existe pas.

En tout cas, rien ne vous empêche et vous pourrez continuer à utiliser le mot talent si vous le souhaitez, ça permettra de vous justifier le fait de ne pas être au plus haut niveau, car vous n’aviez pas le temps argent contacts talent des meilleurs. Et si un jour vous êtes meilleurs que d’autres sur quelque chose que vous aimez, ce sera à cause de votre travail talent.

 

Pour terminer cet article, je vais vous présenter un bel exemple (qui m’a inspiré à écrire sur ce sujet soit dit en passant).

Et bien @MissAugine, en voilà un bien beau prétexte. Tu ne remplis peut-être pas les stades, tu ne passes peut-être pas au JT, peut-être que l’on ne te reconnaît pas dans la rue, mais ce n’est pas une raison de te sous-estimer.

Tu as accompli de belles prouesses artistiques, à commencer par la création de La Fléministe. Et aussi, tu excelles dans pas mal d’autres domaines artistiques : l’écriture, la danse, les podcasts, l’humour… Tu es donc une artiste, non ?

Et ensuite, puisque je te reconnais en tant qu’artiste, ça suffit à faire de toi une artiste reconnue, non, vous êtes d’accord avec moi ?

Bref, ce n’est pas une question de talent, c’est une question d’envie, de travail et d’audace.

Soyez comme @MissAugine,

Croivez en vos rêves.

 

 

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Julch

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