La flemme d’attendre

L’enfer c’est : Les autres, 2020 et les salles d’attente
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Si 2020 était un lieu, ce serait une salle d’attente.
Avec ses chaises séparées d’un mètre les unes les autres, où l’on sait jamais s’il faut se dire bonjour ou pas. On s’observe du coin de l’œil, en commentant mentalement la toux d’inconnus comme un match de foot “Houla, 2 affilées ça ne sent pas bon ça”.
C’est trop de scroll sur son téléphone, qu’on remplace par des lectures finalement très vite abandonnées.
Tout est blanc, jusqu’à l’année des intermittents du spectacle.
Et surtout, c’est l’attente fébrile du résultat “Docteur dîtes-moi quand est-ce que ça ira mieux ?”
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Medecin

“Ah bah ça dépend de vous. Allez, vous me prendrez 3 masques par jour, de préférence après les repas. Et puis du repos, beaucoup de repos.”
“Mais je ne comprends pas, au début vous disiez que c’était certainement une gripette, et puis du repos, je ne fais que ça moi”
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On peut le dire, 2020 a été une année de malade. Alors il va falloir se croiser les bras encore un peu, et croiser les doigts, toujours plus. Tout ça dans l’espoir d’enfin reprendre notre rythme “normal”.
Mais est-ce vraiment le but ?
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Jusqu’ici nous avons géré cette crise à l’image de la médecine occidentale. C’est-à-dire en concentrant nos forces (vives) dans le traitement des conséquences, les symptômes, sans s’ouvrir à des réflexions plus profondes sur la cause de cette réaction.
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Au fond, l’affaiblissement de notre économie et de notre système de santé n’auraient-ils pas permis cette crise sanitaire, plutôt qu’en être une réaction ?

Sortir sans écharpe quand il fait froid, c’est mettre son corps à mal. Mais avec les bons mécanismes de défense, on ne tombe pas nécessairement malade. Ou alors on se fait avoir une fois, deux fois, mais après on change ses habitudes.

Alors apprenons à reconnaître les symptômes précurseurs quand ça va mal. N’expédions pas la souffrance des professionnels de santé en se disant que, malheureusement, ce sont toujours les cordonniers les plus mal chaussés.
Allumons nos webcams pour prendre conscience des différences de tailles (donc d’appartements) entre les classes sociales.
Cessons de valoriser le fait d’être connecté au monde entier quand on est aussi peu connecté à soi ou à ses voisins.
Arrêtons de préparer les moments d’oisiveté avec des kilomètres de fibres, quand seule la fibre artistique émerge finalement comme passe-temps valide en ces temps de confinement.
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Il est peut-être temps de faire les choses de façon moins con, et plus finement. Comme le disait Einstein “La folie, c’est de se comporter de la même manière et de s’attendre à un résultat différent.”

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Célia Mischis

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