Les enfants et le télétravail : une combinaison gagnante !

Cette semaine, les vacances des enfants étaient prolongées. Il va de soi que mes congés ne l’étaient pas, et nous nous sommes donc retrouvés comme aux premiers temps du confinement : en télétravail avec des enfants.

 

Jusque-là, pas de surprise, j’étais hyper organisée comme à mon habitude (non), et je devais être disponible pour mon travail ET pour mes enfants en même temps, ce qui est très simple comme on le sait, surtout quand, comme moi, on a décidé de ne pas avoir la télé.

Je terminais une réunion Teams quand mon fils est arrivé près de moi et m’a dit « maman, j’en ai marre que tu travailles tout le temps, moi j’ai envie de faire des gaufres ».

Le cri du cœur ! Remplie de culpabilité, j’ai envoyé les enfants chercher des œufs chez la voisine, en me disant : « je suis une femme, une mère, je peux faire tout en même temps, que diable ! ».  En attendant le retour de ma progéniture avec l’ingrédient essentiel de la gaufre, j’ai installé mon ordinateur sur le plan de travail, afin de consulter ma recette préférée tout en guettant les alertes du boulot.

 

Les gaufres, une transmission des savoirs

Voilà, tout est prêt, les loupiots, les œufs, les tabourets (si vous voulez prodiguer de l’autonomie à vos adultes en devenir, il faut des tabourets qui voyagent partout dans la maison). Première étape : peser le beurre et le faire fondre. Ma fille ne connaît pas encore les chiffres, mais elle aime manier le couteau. Première dispute : mon fils veut le faire aussi. Elle coupera le beurre, et lui veillera à ce que ça fasse le bon poids.

Bon, un morceau de beurre tombe par terre et Josie de la compta m’envoie un mail pour avoir mes documents de frais de déplacements.

Je réponds à Josie que je lui envoie ça ASAP (ça veut dire que je vais certainement oublier, mais je ne peux pas activer mon scanner et patauger dans le beurre).

Ensuite, il faut casser les œufs. Seconde dispute : c’est le Graal pour mes chéris, qui aiment par dessous tout casser (les œufs). Or, il y en a 5 ! L’un d’eux sera favorisé ! Cataclysme ! Ils argumentent tour à tour « oui mais toi tu en as cassé plus que moi l’autre jour quand on a fait des cookies », « non c’est même pas vrai et d’abord tu as pris du jus de pomme ce matin et pas moi ».

Bon, je décide de m’occuper de ce dernier œuf afin de couper court à la conversation qui s’envenime, surtout qu’un « bling » vient d’arriver et c’est Charlie qui aurait besoin que je lui écrive un article assez rapidement (je réponds rapidement que je lui écris ça ASAP et je me rends compte que quand je tape, ça colle. Ah, j’ai du blanc d’œuf sur les doigts).

Passons au sucre et à la farine. Ma fille laisse faire son frère. Je m’interroge. C’est étrange. Puis je comprends. Elle trempe ses petits doigts dans le sucre pour « le goûter et être sûre que c’est bon ». Elle fera pareil pour la farine, mais moins longtemps. Par contre, comme elle a laissé faire pour deux étapes, il est évident que lui revient le droit de mettre la cuillère de sucre vanillé. Une cuillère pour le plat, et le temps que je voie que Josie me répond qu’il est vraiment urgent que je me mette en ordre, elle a ingurgité une cuillère en cachette. Je le vois à sa bouche pleine maculée de petits grains de sucre et son regard de coquine.

Faible que je suis, je fais semblant de ne pas avoir remarqué, ce que son frère trouve, très justement, très indigne.

Je dois donc l’autoriser à prendre, lui aussi, une cuillère. Mentalement, j’additionne les moments de sucre supplémentaires par rapport à ce que j’autorise de manière journalière.

Il est temps de battre tout ça, je sors le batteur, et chacun veut évidemment avoir sa part de travail et je vais évidemment surveiller cela de près dès que j’aurai répondu à Carine qui a un besoin urgent d’un contact presse.

Je démarre la machine moi-même afin d’éviter tout risque d’explosion des aliments partout dans la cuisine, et je laisse les commandes à mes bien-aimés. Mon fils s’applique, ça se mélange bien. Ma fille prend le relais, et elle lève un tout petit peu le batteur, le temps d’envoyer la pâte à travers toute la cuisine, ordinateur inclus. Sur mon écran où Jean-Claude aimerait vraiment un rendez-vous pour me proposer de nouvelles solutions digitales, il y a une belle grande coulée de pâte que la petite décide d’effacer avec son doigt et vite dans la bouche. Mmmmh c’est booooooon !

enfant en cuisine

J’évolue sur un sol maculé de beurre et de pâte, mais l’important, c’est qu’on s’éclate. Je verse le beurre pour terminer la pâte, empêche de justesse que mon fils n’y verse des granulés de chocolat « pour que ce soit meilleur, maman ! » et respire un bon coup afin de garder ma bonne humeur. L’ultime pincée de sel sera confiée à l’héritier, qui s’applique. Tout reste sur ses doigts mais je fais comme si.

Voilà ! La pâte est prête et il n’y a plus qu’à cuire ! Un dernier mail à ma direction qui me demande les dernières statistiques, et voilà les loups les gaufres sont bientôt prêtes !

Ils s’en foutent. Ils sont occupés à lécher le batteur (qui est débranché – ouf) et les cuillères en bois pleines de pâte délicieuse. Le taux de sucre journalier est largement dépassé, on arrive en zone rouge.

J’allume le fer à gaufres que l’on m’a offert il y a quelques années et que je sors rarement (à chaque fois je me demande pourquoi, puis je me souviens au moment où je dois les cuire – en fait tu dois rester derrière ce fer le reste de l’après-midi). Je commence la cuisson. Ca sent bon ! Les premières gaufres arrivent. « Mes petits chéris ! Venez manger ! »

Mais mes enfants, dont le petit ventre est rempli de sucre et de pâte, sont allés jouer dehors et se sont complètement désintéressés de la chose. Je reste donc seule dans ma cuisine dégueulasse à cuire, et cuire encore, en regardant les mails qui tombent dans ma boîte d’un œil vide.

gaufres

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