La flemme de rentrer de vacances

Voilà c’est fini comme chantait l’autre. On a rendu les clés du Airbnb, vidé les cubis, retiré les draps du lit.

Les vacances c’était bien, mais c’était court.

Dans l’embouteillage géant qui me ramène chez moi, je repense à cette phrase que j’ai dû voir traîner sur l’insta d’un jeune entrepreneur qui croit que la réponse est vite répondue.

” La clé de la réussite est de construire une vie que tu n’as pas besoin de fuir”

Sauf que cette année, ce n’est pas l’idée de retourner au boulot qui me chagrine, mais celle de rentrer chez moi.
De retour dans mon appartement, j’ai l’impression que quelqu’un l’a mis en machine en mode séchage rapide.  Est-ce lui qui a rétréci ou mon besoin d’espace et de nature qui a grandi ?

Comme beaucoup, le confinement a éveillé en moi une envie de retour à l’état de nature. Et prendre la tangente pour me perdre dans la pampa me l’a confirmée.

Dans une étude réalisée suite au confinement*, 67% des Français affirmaient que cette année plus que les autres, le besoin de nature s’était fait ressentir.

Si le prix du mètre carré à Paris a (très légèrement) baissé, celui du brin d’herbe a lui grimpé en flèche.
Il n’y a qu’à voir sur les réseaux sociaux, on s’arrachait la moindre parcelle de parc comme une paire de sneakers édition très limitée.

“La campagne se prête à toutes les divagations du rêve.”

Alors qu’avant vivre à la campagne était synonyme d’ancien temps, on lui trouve à nouveau un certain charme, presque romantique.

On se fait croire que si on allait courir dans les champs plutôt que sur un tapis de gym c’est sûr qu’on irait plus souvent. On lui prête des effets miracles, qui n’en restent pas moins scientifiquement prouvés : amélioration de l’humeur, des fonctions respiratoires, de la mémoire, baisse de la cortisol aka l’hormone du stress… Bref des vertus qui complètent parfaitement celles dont nous manquons cruellement dans le monde du travail actuel. Et c’est vrai qu’avec la généralisation du télétravail, ce fantasme d’un meilleur équilibre est à portée de train.

Mais voilà la société ne semble pas prête à l’avènement de cette nouvelle ère. Travailler à distance est encore trop perçu comme synonyme d’un manque de productivité (alors que perdre deux heures par jour dans les transports paraît l’être moins). Nos amis nous avancent que l’on va s’y faire chier comme un rat boiteux dans un placard vide (qui souhaiterait faire une rando entre potes quand on a la chance de pouvoir cramer sa paie à boire des coups en terrasse collés à une rue blindée ?)

Bientôt nous n’aurons peut-être plus à choisir entre bouleaux et boulot ?

En attendant ce grand moment, j’ai essayé de me transformer en plant lady à mon retour de congés, l’équivalent végan de la femme à chat, mais je ne suis pas certaine du résultat.

La seule chose dont je suis finalement sûre, c’est qu’après toutes ces réflexions, comme l’a dit l’écrivaine et journaliste Ann Landers :

On n’a jamais autant besoin de vacances que lorsqu’on en revient.”

 

Célia Mischis

 

12020cookie-checkLa flemme de rentrer de vacances
Partager cet article via :
celia.mischis@gmail.com

Célia Mischis

3 thoughts on “La flemme de rentrer de vacances

  1. Sujet intéressant… Premiers pas sympathiques et prometteurs….
    Belle continuation pour d’autres sujets aussi pertinents qu’humoristiques !
    Bravo mademoiselle! Je like!

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Back to top